UMP: La promesse d'un été meurtrier

POLITIQUE Fillon, Copé, Juppé... A chacun sa stratégie en attendant le congrès du parti en novembre...

Anne-Laëtitia Béraud

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Jean Francois Copé et Francois Fillon, le 26 mai 2012.
Jean Francois Copé et Francois Fillon, le 26 mai 2012. — WITT/SIPA

Point de répit cet été à l’UMP. La question lancinante de la présidence du parti, qui sera réglée les 18 et 25 novembre prochain en congrès, occulte tous les dossiers. En attendant que les 260.000 militants revendiqués par l’UMP tranchent entre les candidatures, les hostilités sont lancées malgré les dénégations des uns et des autres.

«Guerre des chefs» «guerre des ego», les qualificatifs ne manquent pas pour illustrer la rivalité entre Jean-François Copé et François Fillon… voire Alain Juppé. Avec, en ligne de mire, l’élection présidentielle de 2017, objectif de l’actuel secrétaire général de l’UMP et du récent locataire de Matignon. 

Ralliements et trahisons 

Les «séquences» s’alternent, à mesure que ralliements, retournements et trahisons se succèdent. Les premiers coups ont été lancés par François Fillon avant la défaite aux élections législatives. Accélération du tempo ce week-end, avec l’annonce de sa candidature officielle, suivis des ralliements opportuns des anciens ministres Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez ou encore d’Eric Ciotti, député et président des Alpes-Maritimes. Ingrédient indispensable de toute élection, le suspense: mercredi, Xavier Bertrand, pourtant considéré comme un soutien de Fillon, annonce sur France Info vouloir prendre «position à la fin de l'été». Quant à François Baroin, Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet, ils réservent toujours leur décision. 

Dans l’autre camp, Jean-François Copé ne jure que par l’évitement de toute «confusion des genres» entre son poste de secrétaire général de l’UMP et le statut de futur candidat. Mais il n’hésite pas à se placer en chef de l’opposition, mardi, lors de l’ouverture de la session extraordinaire du Parlement. Des soutiens se déclarent, à l’instar de Roger Karoutchi, sénateur des Hauts-de-Seine, louant sa bonne gestion du parti. Car ce sont les militants qu’il faut séduire. Ce sont eux, qui, à l’échelon départemental et sous le contrôle des fédérations, voteront pour leur champion en novembre. En évitant de faire exploser un parti qui promet la «reconquête» des territoires dès les échéances électorales de 2014.

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