Rien n'a été saisi mardi dans l'ancien cabinet d'avocats de Nicolas Sarkozy, dans le VIIIe arrondissement de Paris, où s'est rendu une juge dans le cadre de l'affaire Bettencourt, a indiqué mercredi à l'AFP le responsable du cabinet, Me Arnaud Claude.
Rien n'a été saisi mardi dans l'ancien cabinet d'avocats de Nicolas Sarkozy, dans le VIIIe arrondissement de Paris, où s'est rendu une juge dans le cadre de l'affaire Bettencourt, a indiqué mercredi à l'AFP le responsable du cabinet, Me Arnaud Claude. — Eric Feferberg afp.com

JUSTICE

Affaire Bettencourt: Rien n'a été saisi dans l'ex-cabinet d'avocats de Nicolas Sarkozy

Des perquisitions ont été menées mardi par le juge...

Rien n'a été saisi mardi dans l'ancien cabinet d'avocats de Nicolas Sarkozy, dans le 8e arrondissement de Paris, où s'est rendu une juge dans le cadre de l'affaire Bettencourt, a indiqué ce mercredi le responsable du cabinet, Arnaud Claude.

«Il n'y a eu aucune investigation, aucune fouille ni aucune saisie. C'était une simple visite qui a duré une dizaine de minutes et qui s'est déroulée en présence du délégué du bâtonnier», a déclaré l'avocat, d'Arnaud Claude et Associés, cabinet situé dans le 8e arrondissement de Paris. S'il conserve des parts dans le cabinet, l'ancien chef de l'Etat «n'exerce plus depuis dix ans», a rappelé Me Claude.

«Je considère que nous n'avons pas fait l'objet d'une perquisition»

«Je considère que nous n'avons pas fait l'objet d'une perquisition», a ajouté Me Claude, concédant toutefois que «procéduralement» c'en était une, menée par la juge Cécile Ramonatxo, un des magistrats bordelais en charge de la tentaculaire affaire Bettencourt. Une source proche du dossier a affirmé mardi que rien n'avait été saisi lors de deux autres perquisitions, dans un appartement appartenant à Carla Bruni-Sarkozy dans le 16e arrondissement de Paris et dans les bureaux mis à disposition de l'ex-chef de l'Etat, rue de Miromesnil (8e).

Menées en l'absence de Nicolas Sarkozy, actuellement au Canada, ces perquisitions «se révèleront être ce qu'on peut en attendre, des actes inutiles», a de son côté commenté l'avocat de l'ancien président Thierry Herzog. Battu à la présidentielle, Nicolas Sarkozy a perdu son immunité mi-juin, redevenant un justiciable ordinaire. Ces perquisitions ont été dirigées par le juge Jean-Michel Gentil en présence d'une dizaine de policiers de la brigade financière, dans le cadre d'un des volets de la tentaculaire affaire Bettencourt.

Deux retraits de 400.000 euros

La justice se demande si des retraits d'espèces effectués sur les comptes de la richissime héritière des cosmétiques L'Oréal, Liliane Bettencourt, n'ont pas servi à un financement illicite de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007. Elle s'intéresse surtout à deux retraits de 400.000 euros chacun, en février et avril 2007. Jean-Michel Gentil enquête sur la base de témoignages d'anciens employés de la milliardaire, qui affirment avoir vu Nicolas Sarkozy chez les Bettencourt début 2007.

Un autre témoignage émane de François-Marie Banier, artiste proche à l'époque de la milliardaire, qui a noté le 26 avril 2007 dans son journal personnel une confidence de Liliane Bettencourt, évoquant une «demande d'argent» de Nicolas Sarkozy à laquelle elle aurait «dit oui», selon Le Monde. Nicolas Sarkozy avait remis mi-juin des copies certifiées conformes de son agenda de l'époque au juge, avec sept pages d'observations, et fait placer l'original chez un huissier où il a été récupéré mardi par Jean-Michel Gentil.

«L'impossibilité absolue de prétendus "rendez-vous secrets" avec Liliane Bettencourt»

La comparaison entre l'agenda et les témoignages parus dans la presse «permettra de démentir formellement la mise en cause» de Nicolas Sarkozy et de démontrer «l'impossibilité absolue de prétendus "rendez-vous secrets" avec Liliane Bettencourt», selon Me Herzog. Les policiers alors chargés de la sécurité de Nicolas Sarkozy pourront «certifier qu'il n'y a eu qu'un seul rendez-vous, le 24 février 2007, à son domicile, avec André Bettencourt», époux défunt de Liliane Bettencourt, a ajouté mardi l'avocat.

Partie d'un différend familial entre la milliardaire et sa fille et de soupçons d'abus de faiblesse, l'affaire Bettencourt avait débordé sur le terrain politique et conduit à la démission du ministre du Travail Eric Woerth, pour des soupçons de conflits d'intérêts et de financement illégal de campagnes électorales. Onze personnes, dont Eric Woerth, ont été mises en examen.