«Il faut qu'on laisse de côté nos ego», estime le centriste Hervé Morin

INTERVIEW Le président du Nouveau Centre Hervé Morin, appelle à la fondation d'un nouveau grand parti centriste, qui rassemblerait toutes les chapelles du centre...

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud
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Hervé Morin, ex-candidat du Nouveau Centre à la présidentielle, lors d'un débat sur l'Europe fédérale, le 20 janvier 2012 à Nantes (Loire-Atlantique).
Hervé Morin, ex-candidat du Nouveau Centre à la présidentielle, lors d'un débat sur l'Europe fédérale, le 20 janvier 2012 à Nantes (Loire-Atlantique). — FRANK PERRY / AFP

Que pensez-vous de la création du groupe parlementaire UDI par Jean-Louis Borloo ?

C’est un groupe composé de membres du Nouveau Centre, de l’Urcid, de radicaux, d’ultramarins... C’est un groupe très composite, qui pourrait devenir hétéroclite. Aujourd’hui, je crois que malgré les divergences qui ont pu exister, il faut passer à autre chose. En tant que président du Nouveau Centre, je pense qu’il faut s’engager dans une nouvelle formation politique centriste, qui soit la plus intégrée possible.

Sous quelle forme ?

Je pense que les structures confédérales engendrent vite de nouvelles chapelles. Je pense qu’il faut qu’on laisse de côté nos egos, qu’on accepte de rentrer dans la même maison.

Vous appelez à une UDF nouvelle formule?

Oui, pourquoi pas, dès lors que la structure est très intégrée.

Vos querelles avec François Sauvadet et Jean-Christophe Lagarde sont donc terminées ?

Les questions personnelles resteront toujours. Mais quelque soit l’estime que peuvent se porter les uns sur les autres, il y a une famille et un courant de pensée centriste qui mérite mieux que nos guerres picrocholines. Ce que je souhaite aujourd’hui, c’est qu’il y ait un parti, au minimum une structure fédérale, en évitant que la création d’une nouvelle structure porte en germe des divisions futures.

Un centre qui est aujourd’hui très divisé…

A travers le mot centre, il y a des courants de pensée différents entre les libéraux et les démocrates-chrétiens, les républicains et les démocrates. Je ne suis pas certain, même si c'est mon souhait, que tous les partis, et notamment le Parti radical (de Jean-Louis Borloo NDLR) qui est centenaire soit prêt à se fondre dans une seule formation politique.  

Quel poste voudriez-vous dans ce futur parti ?

Je ne demande rien et je ne veux rien. Je souhaite que le Nouveau Centre, qui pourrait rester autonome, participe pleinement à cette nouvelle formation, et que puissent être respectées les histoires de chacun.