PS: Qui pour succéder à Martine Aubry?

POLITIQUE «20Minutes» fait le point sur les diverses candidatures, plus ou moins putatives...

M.P.

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Martine Aubry, lors de la présentation du programme du Parti socialiste pour la présidentielle 2012, à Solférino, à Paris, le 5 avril 2011. 
Martine Aubry, lors de la présentation du programme du Parti socialiste pour la présidentielle 2012, à Solférino, à Paris, le 5 avril 2011.  — REUTERS/Benoit Tessier

Martine Aubry doit quitter son fauteuil de première secrétaire en novembre prochain, à l’issue du congrès de Toulouse qui se déroulera fin octobre. Combien de candidats seront sur les rangs pour la remplacer?  20 Minutes fait le point.

La procédure
Au PS, la course au premier secrétariat est normée: il faut d’abord déposer une contribution, qui donne un texte de réflexion globale, qui aboutit à une orientation précise. Généralement, chaque courant en dépose une et plusieurs personnes de différents courants peuvent également en rédiger une. Avant le congrès de Reims par exemple, une vingtaine de contributions avaient été publiées. Ensuite, dans les deux mois qui suivent, les motions sont déposées. Il s’agit d’une fusion de plusieurs contributions et de plusieurs contributeurs et là encore, c’est un texte programmatique sur le parti et sur l’orientation qu’on souhaite lui donner. C’est sur ces motions que les militants votent. Depuis le délétère congrès de Reims, les règles ont été changées et clarifiées: désormais, le premier signataire de la motion est le candidat au fauteuil de premier secrétaire. Les choses sont claires dès le début. Vu la situation particulière, avec la gauche au pouvoir, Martine Aubry prône en tout cas le dépôt d’une seule motion d’union. Ce qui n’est pas arrivé depuis 1987.

L’énigme Martine Aubry
Depuis des mois, elle répète qu’elle quittera le PS à l’automne, qu’elle a fait le «job» mais après l’annonce du gouvernement dont elle ne fait pas partie, son discours s’est infléchi. Elle quittera Solférino «si». Si le travail de rénovation et de renouvellement se poursuit, notamment. Certains socialistes pensent qu’elle restera première secrétaire pour continuer de peser sur la scène nationale. Elle, affirme en tout cas qu’il est légitime qu’elle puisse réfléchir à la personne qui lui succèdera.

Le cas Ségolène Royal
Après son échec à La Rochelle, l’exécutif cherche à recaser Ségolène Royal, même si elle s’en défend. Lorsqu’on lui a posé la question du PS, la socialiste a expliqué ne rien exclure pour son avenir. Mais l’hypothèse semble improbable, tant elle aime peu les jeux d’appareils.

La transition avec Harlem Désir
C’est le numéro 2 du PS et pour lui et ses proches, c’est en soi un argument pour postuler officiellement au poste de premier secrétaire. Il a très bien assuré l’intérim lorsque Martine Aubry était candidate aux primaires, trop bien même pour l’actuelle première secrétaire qui l’avait jugé trop favorable à Hollande. Mais pour beaucoup, Désir manque de charisme et de vision pour s’installer à Solférino.

La ruse de Cambadélis
«Camba» n’a pas encore fait acte de candidature officiellement, mais c’est tout comme. Il dit attendre de savoir ce que Martine Aubry veut faire, ce qui peut le faire patienter longtemps. Ce n‘est pas la première fois que le député de Paris rêve de prendre le PS mais ses camarades ne l’imaginent pas forcément à ce poste. Il a même avancé dans les médias l’idée d’un ticket avec Harlem Désir… sans tenir le n°2 au courant.

Le ticket du renouvellement
Gaëtan Gorce, électron libre du PS qui a un moment soutenu Ségolène Royal, s’est jeté dans le grand bain: il a annoncé une candidature commune avec la conseillère de Paris Juliette Méadel. Il propose une co-direction, avec la parité à tous les étages et un renouvellement général. Une candidature avant tout de témoignage car le duo Gorce-Méadel n’a aucun courant structuré autour de lui.

L’hésitation d’Hamon
Débordé sur sa gauche par Arnaud Montebourg, par Mélenchon pendant la campagne présidentielle, le courant de Benoît Hamon, Un monde d’avance, ronge son frein. Mais, d’après les informations du Figaro, le ministre de l’Economie sociale et solidaire compte déjà déposer une contribution. Et si les résultats ne sont pas aussi bons qu’espérés sur la scène européenne, alors son courant pourrait déposer une motion.

La motion Elysée?
François Hollande a promis qu’il ne serait pas un «chef de clan» comme Nicolas Sarkozy et qu’il ne s’occuperait pas des affaires du parti. Peu probable toutefois qu’il regarde d’un œil lointain le prochain congrès. Car le prochain premier secrétaire pourrait lui mettre des bâtons dans les roues. Ses proches, notamment François Rebsamen et Stéphane Le Foll, penchent pour une motion étiquetée Hollande qui réunirait forcément une majorité des suffrages. L’inverse serait un acte de défiance au président nouvellement élu.

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