Immigration: La feuille de route de Valls validée par l'UMP, critiquée par les extrêmes

POLITIQUE De l'extrême gauche à l'extrême droite, les partis ont réagi à la présentation par le ministre de l'Intérieur de sa politique d'immigration...

Nicolas Bégasse

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Montage: Olivier Besancenot, François Baroin et Gilbert Collard en 2012.
Montage: Olivier Besancenot, François Baroin et Gilbert Collard en 2012. — SIPA

Les réactions politiques aux annonces sur l’immigration de Manuel Valls ont été plus critiques à l’extrême gauche qu’à droite, mercredi et jeudi.

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C’est avec véhémence qu’Olivier Besancenot (Nouveau parti anticapitaliste) a donné le ton, mercredi, en dénonçant «la première grande faute politique du gouvernement» et ironisant sur un ministre sarkozyste qui se serait «faufilé dans le gouvernement Ayrault».

Toujours à la gauche du PS, Jean-Luc Mélenchon a aussi exprimé sa colère ce jeudi. Réagissant à l’intention de Manuel Valls de conserver le même nombre de régularisations que sous l’ère Sarkozy, le leader du Front de gauche a estimé que le ministre «est en train d’épouser tous les poncifs autoritaires que l’on a connus, qui ne veulent rien dire», et affirmé qu’au contraire, il fallait «régulariser tous les travailleurs sans-papiers, tous». «M.Valls vient de valider une thèse absurde, anti-économique, ridicule du Front national sur le sujet, d’après lequel il y aurait un rapport entre l’immigration et les difficultés sociales», a poursuivi Jean-Luc Mélenchon, en réaction aux propos de Manuel Valls selon lequel «la situation économique et sociale ne permet pas d'accueillir et de régulariser autant que certains le voudraient».

François Baroin (UMP) satisfait

La surprise des réactions politiques est venue de l’UMP et de l’ancien ministre de l’Economie François Baroin. «J'ai trouvé que les positions de Manuel Valls étaient à la fois courageuses et logiques», s’est réjoui ce jeudi le député UMP. «En tant que ministre de l'Intérieur, il n'est pas là pour favoriser l'ouverture des frontières. La France, c'est pas l'hôtel des courants d'air. Donc, il est normal qu'il tienne ces positions, elles sont cohérentes avec sa ligne», a-t-il indiqué.

Plus à droite, le député Gilbert Collard a réagi au nom du Front national, dénonçant à propos de la politique d’immigration de Manuel Valls «le terrorisme intellectuel» de la gauche. «C'est toujours la même chose: on fait quelque chose d'un côté et, comme il y a obligation jésuitique d'être dans un discours conforme au terrorisme intellectuel, on donne des gages à la langue de bois», a déclaré mercredi le député du Gard. «On essaie de satisfaire un électorat qui est beaucoup plus dans l'intellectualisme que dans la réalité», a-t-il insisté.