François Hollande à Rio: Ses gardes du corps étaient-ils vraiment désarmés?

SÉCURITÉ gouvernement a démenti l'information du «Canard Enchaîné», un expert de la garde rapprochée confirme à «20Minutes» que cette situation était impossible...

Corentin Chauvel

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François Hollande suivi par ses gardes du corps, le 20 juin 2012, à Rio de Janeiro (Brésil).
François Hollande suivi par ses gardes du corps, le 20 juin 2012, à Rio de Janeiro (Brésil). — F.DUFOUR / AFP

Une protection à mains nues? Selon le Canard Enchaîné, publié mercredi, les gardes du corps de François Hollande n’étaient pas armés lors du sommet de Rio la semaine dernière, car l’un des officiers de sécurité avait tout simplement oublié les armes règlementaires à Paris.

Si l’oubli a été confirmé mercredi par la porte-parole du gouvernement, Naja Vallaud-Belkacem, a cependant affirmé que «l'ensemble des officiers qui accompagnaient le président de la République étaient armés (…), contrairement à ce qui a été prétendu».

Un sac contenant «des armes d'appoint uniquement» était «resté à l'Elysée», a précisé Najat Vallaud-Belkacem, et l'officier responsable de l'oubli a été limogé pour faute grave, d’autant plus qu’il aurait tenté d’en faire porter la responsabilité à l’un de ses collègues.

«Dire qu’ils n’étaient pas armés, c’est faux»

Contacté par 20 Minutes, Jean-Pierre Diot, vice-président de la Fédération française de protection rapprochée et ancien membre du SPHP (Service de protection des hautes personnalités) explique que les membres du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) sont constamment armés et plutôt deux fois qu’une.

«Dire qu’ils n’étaient pas armés, c’est faux. Il y a toujours de l’armement. Personnellement, j’avais deux voire trois armes sur moi», indique Jean-Pierre Diot, qui a notamment officié auprès de Nicolas Sarkozy. Cette mallette «était une partie des armes. C’est comme si on disait qu’ils avaient oublié l’un des téléphones de François Hollande qui en a plusieurs. Cet oubli n’aurait pas dû arriver, mais c’est réfléchi, on double tout», ajoute-t-il, prenant l’exemple d’un pilote de ligne «qui ne mange pas le même menu que son copilote».

A chaque déplacement, deux équipes de sécurité

D’ailleurs, même si la garde rapprochée de François Hollande avait été entièrement désarmée, le chef de l’Etat aurait bénéficié de l’appui d’«une équipe de sécurité locale». «Le pays qui reçoit porte la responsabilité de la sécurité de la personnalité qu’il accueille», souligne Jean-Pierre Diot. Ainsi, chaque chef de l’Etat ou de gouvernement bénéficie de deux équipes de sécurité lorsqu’il est en déplacement à l’étranger.

L’ancien membre du SPHP prend l’exemple de Barack Obama dont la garde rapprochée est doublée par le Groupe d’appui des hautes personnalités (GAHP) à chaque séjour en France. Une entraide qui crée des liens parmi les gardes du corps. «On se connaît à force», indique Jean-Pierre Diot.