Contrôles policiers: Manuel Valls veut en finir avec le tutoiement et les abus

POLICE Le ministre a donné ses consignes aux futurs commissaires...

avec AFP

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Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a appelé lundi les policiers à bannir "le tutoiement" et les contrôles d'identité "abusivement répétés ou réalisés sans discernement" susceptibles d'"alimenter le ressentiment".
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a appelé lundi les policiers à bannir "le tutoiement" et les contrôles d'identité "abusivement répétés ou réalisés sans discernement" susceptibles d'"alimenter le ressentiment". — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Manuel Valls a appelé ce lundi les policiers à bannir «le tutoiement» et les contrôles d'identité «abusivement répétés ou réalisés sans discernement» susceptibles d'«alimenter le ressentiment». S'ils sont «indispensables», «non motivés ou proportionnés, le risque fort existe que certains contrôles ne fassent qu'alimenter le ressentiment d'une partie de la population», a déclaré le ministre de l'Intérieur à l'Ecole nationale supérieure de la police de Saint-Cyr au Mont d'Or, où il assistait à la sortie de la 62e promotion des commissaires.

«Bannir toute forme de familiarité»

«En tant que chefs de service, vous devrez veiller à proscrire les contrôles abusivement répétés ou réalisés sans discernement», a affirmé Manuel Valls. «Il y a des comportements antisociaux à réguler ou à combattre mais seule la minorité des jeunes de nos quartiers qui en est responsable, doit en répondre.» Pour que «le rapport avec la population se fasse dans les meilleures conditions», a estimé le ministre, «je veux bannir toute forme de familiarité et de tutoiement qui dégradent la relation entre les forces de l'ordre et les citoyens. Quand cela existe, ça doit être sanctionné».

Le 1er juin sur RMC et BFMTV le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait annoncé sa volonté que soit remis un reçu aux personnes contrôlées, rappelant qu'il s'agit d'un «engagement» de campagne du président François Hollande. «Je ne veux pas imposer un dispositif qui, très vite, tournerait au ridicule et serait inopérant», a toutefois tempéré auprès de journalistes Manuel Valls sans jamais prononcer les mots de «reçu» ou de «récépissé». Expliquant qu'il examinerait «toutes les propositions», Manuel Valls a ajouté: «Je ne vois pas, à ce stade, comment ça marche».

Matricule

«Si les policiers remettent un récépissé, il faut bien qu'ils en gardent une trace», souligne-t-on au ministère de l'Intérieur. Or pour «la Cnil, il est hors de question de constituer un fichier», a noté Manuel Valls qui attend un «rapport» du Défenseur des Droits. Devant les policiers, Manuel Valls a assuré qu'il s'emploierait à «préserver (ndlr: les contrôles d'identité) en tant que moyens d'intervention au service d'une action policière légitime de lutte contre la délinquance».

D'autres outils que les reçus sont à l'étude pour éviter tout contrôle abusif, comme la remise d'un simple coupon du type «carte de visite» (qui à la différence d'un récépissé ne nécessite pas la création d'une base de données), ou la réapparition sur les vêtements des forces de l'ordre d'un matricule visible. Ce matricule avait disparu en 1985.