Pour Alain Juppé, «les électeurs du FN ne sont pas des pestiférés»

LEGISLATIVES Le maire de Bordeaux estime que «l'enjeu du second tour ce n'est pas le FN», mais appelle ses électeurs à faire barrage au PS...

Mickaël Bosredon

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Alain Juppé à Bordeaux, le 12 juin 2012
Alain Juppé à Bordeaux, le 12 juin 2012 — S.ORTOLA/20MINUTES

«Donner les moyens à l’UMP d’équilibrer la suprématie du Parti Socialiste à l’Assemblée nationale.» C’est l’enjeu pour le second tour des législatives, a estimé Alain Juppé, mardi matin à Bordeaux. «Il faut aussi éviter que ne se poursuivent les premières erreurs qu’a enclenchées le parti au pouvoir, je pense au début de brouille entre la France et l’Allemagne, à un moment où au contraire il faudrait une bonne entente entre les deux pour sauver la zone euro. Je pense aux  promesses budgétaires qui vont se solder par une lourde facture fiscale après le 17 juin. Je pense enfin au contresens que le PS est en train de faire en matière de croissance, comme aggraver encore les conditions de compétitivité de nos entreprises, supprimer les heures défiscalisées, créer des cotisations supplémentaires sur les salaires, ou encore renoncer à la TVA anti-délocalisation, qui pourtant a fait ses preuves partout où elle a été appliquée, en Allemagne comme en Scandinavie.

«Le véritable enjeu dimanche ce n’est pas le FN. On nous bassine avec ça, mais il n’y a aucun risque de voir le FN au pouvoir. Le vrai enjeu c’est le PS et extrême gauche d’un côté, et l’UMP. C’est pour cela que nous nous battons.» Alain Juppé a ainsi appelé au rassemblement, et envoyé des messages « aux abstentionnistes, et à ceux qui ont voté FN ». «On connaît ma position vis-à-vis de ce parti, il n’a pas changé depuis des années, en revanche j’ai toujours considéré que les électeurs du FN étaient des Français comme les autres, ce ne sont pas des pestiférés.»