Fillon: «Les syndicats vont être les premiers cocus de la gauche»

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François Fillon a affirmé mardi que les syndicats allaient être "les premiers cocus de la gauche", notamment sur la question de la retraite à 60 ans.
François Fillon a affirmé mardi que les syndicats allaient être "les premiers cocus de la gauche", notamment sur la question de la retraite à 60 ans. — Thomas Samson afp.com

François Fillon a affirmé mardi que les syndicats allaient être «les premiers cocus de la gauche», notamment sur la question de la retraite à 60 ans.

«Les syndicats vont être les premiers cocus de la gauche (...) Cela a souvent été le cas dans l'Histoire. La gauche s'était engagée sur le retour à la retraite à 60 ans. Je vois que ce n'est déjà plus d'actualité puisque maintenant, ça n'est plus que pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans. C'est donc une hypocrisie», a déclaré l'ancien Premier ministre à la presse en marge d'une visite de soutien à Rosny-sous-Bois au député UMP sortant, Patrice Calméjane, membre de la Droite populaire, candidat à sa réélection dans la 8ème circonscription de Seine-Saint-Denis.

«Nous allons voir la situation économique et financière en Europe bousculée»

«Pendant tout le débat parlementaire, la gauche nous a expliqué que si elle revenait au pouvoir, elle abrogerait la réforme qui a été votée. Je vois qu'aujourd'hui, il n'est plus question de l'abroger mais simplement de l'aménager», a-t-il ajouté. François Hollande, pendant sa campagne, ne s'était toutefois jamais engagé à abroger la réforme des retraites de 2010 mais à permettre un départ à 60 ans des salariés ayant commencé à travailler très tôt.

Interrogé sur les rencontres bilatérales, ce mardi à Matignon, entre son successeur PS Jean-Marc Ayrault et les leaders des syndicats et du patronat, François Fillon a souligné avoir «toujours été un ardent partisan du dialogue social». «Je me réjouis de ce point de vue-là que ces réunions aient lieu». «Maintenant, les engagements qu'a pris le gouvernement sur le retour à la retraite à 60 ans, toutes les mesures qui visent à augmenter la dépense publique sont des mesures dangereuses dans un contexte de crise économique et financière européenne», a-t-il mis en garde. François Fillon «demande au président de la République au moins de suspendre la mise en oeuvre de ces réformes car, dans les trois mois qui viennent, nous allons voir la situation économique et financière en Europe bousculée».

Fillon sollicité par «plus de 100 députés»

Devant plusieurs dizaines de militants UMP réunis dans un restaurant asiatique, il s'est dit «fier de (son) amitié avec Nicolas Sarkozy, fier de l'avoir soutenu pendant cinq ans et fier du bilan qui est le sien». Avant d'ajouter, abrupt: «Mais je ne suis pas seulement venu pour vous parler du passé et du bilan!».

Il a jugé «possible» une victoire de l'UMP aux législatives «parce que l'élection présidentielle a été gagnée d'un cheveu». «Les Français n'ont pas choisi le programme socialiste, ils n'ont pas adhéré au socialisme, c'est plutôt un vote contre...». Assurant avoir été sollicité sur le terrain par «plus de 100 députés» UMP, François Fillon s'est ensuite brièvement rendu à Aulnay-sous-Bois, soutenir un autre sortant, Gérard Gaudron, sur le trottoir du bar... «Le Renouveau», devant lequel plusieurs automobilistes ont klaxonné et lancé des «Hollande!».