Des députés accusés de payer des dépenses personnelles avec leurs indemnités

POLITIQUE Pris en exemple, un parlementaire socialiste aurait utilisé son IRFM pour payer des voyages privés...

avec AFP

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Paris le 7 juin 2011. Palais Bourbon. Illustration séance Assemblée nationale. Députés. Hémicycle. Ministres.
Paris le 7 juin 2011. Palais Bourbon. Illustration séance Assemblée nationale. Députés. Hémicycle. Ministres. — ALEXANDRE GELEBART / 20 MINUTES

Des députés paient des dépenses personnelles avec une indemnité qui leur est allouée pour couvrir des frais liés à leur mandat, dénoncent vendredi le site Mediapart et l'hebdomadaire Marianne en donnant l'exemple d'un parlementaire socialiste, Pascal Terrasse.

Cette indemnité représentative de frais de mandat (IRFM), d'un montant de 6.412 euros par mois, doit permettre aux députés «de faire face aux diverses dépenses liées à l'exercice de leur mandat qui ne sont pas directement prises en charge ou remboursées par l'Assemblée», selon le site de l'Assemblée nationale. Elle est virée sur un compte bancaire à part.

«L'absence de contrôle sur l'IRFM est un problème»

Selon Marianne et Mediapart, l'examen de ce compte bancaire, pour un député, révèle que ce dernier a notamment payé avec ce compte des billets de train pour sa famille (les transports ferroviaires étant gratuits pour les parlementaires), sa cotisation de parlementaire au PS (500 euros par mois) et surtout des voyages privés au mois d'août, en Espagne, et selon Mediapart, également au Sénégal et en Egypte. Mediapart indique qu'il s'agit du député PS de l'Ardèche, Pascal Terrasse, tandis que Marianne tait son nom car «son cas n'est qu'un parmi des dizaines» et qu'il «ne serait pas juste, dès lors, de le pointer du doigt plus que ses nombreux comparses».

Pascal Terrasse, qui, sollicité par l'AFP, n'avait pas encore répondu vendredi en fin de matinée, indique à Mediapart que certains de ses voyages, notamment au Sénégal en août 2009, correspondent à des colloques ou missions, et souligne que l'IRFM est liée à sa «fonction d'élu au sens large du terme». Pour sa part, le député apparenté PS René Dosière, auteur de nombreux rapports sur l'utilisation de l'argent public, estime, dans une interview à Marianne, que «l'absence de contrôle sur l'IRFM est un problème».

Mais, ajoute-t-il, «ça n'est pas à l'exécutif d'en être le responsable», car alors le gouvernement pourrait s'en servir pour «faire pression sur les élus». Selon lui, «il devrait se faire au sein de l'Assemblée elle-même», selon «un principe simple: la partie de l'IRFM non utilisée pour des frais parlementaires serait rendue».