Retraite à 60 ans: Parisot demande des «consultations étendues»

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La présidente du Medef Laurence Parisot a demandé mardi au gouvernement des "consultations étendues" sur le futur décret autorisant un départ à la retraite à 60 ans pour des salariés ayant commencé à travailler tôt et elle a prévenu que l'impact sur les régimes complémentaires serait insupportable.
La présidente du Medef Laurence Parisot a demandé mardi au gouvernement des "consultations étendues" sur le futur décret autorisant un départ à la retraite à 60 ans pour des salariés ayant commencé à travailler tôt et elle a prévenu que l'impact sur les régimes complémentaires serait insupportable. — Eric Feferberg afp.com

La présidente du Medef Laurence Parisot a demandé ce mardi au gouvernement des «consultations étendues» sur le futur décret autorisant un départ à la retraite à 60 ans pour des salariés ayant commencé à travailler tôt et elle a prévenu que l'impact sur les régimes complémentaires serait insupportable. Cette décision «nécessite des consultations plus étendues», a affirmé lors d'une conférence de presse Mme Parisot qui a déjà pris contact avec la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine. La patronne des patrons a aussi «un rendez-vous prochain» avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Un décret doit permettre aux personnes ayant commencé à travailler dès 18 ou 19 ans et ayant cotisé 41 ans, de partir en retraite à 60 ans à taux plein. La présidente du Medef demande si «dans le calcul sont pris en compte uniquement les trimestres cotisés ou, comme certains le demandent, des trimestres validés», intégrant les congés maternité, périodes de chômage etc. «L'impact financier n'est tout simplement pas le même», rappelle-t-elle. Elle demande aussi si «les fonctionnaires sont également concernés» et «dans ce cas quel est l'impact financier».

Les régimes de retraite complémentaire «pas à même de supporter un tel choc»

Ce décret, souligne Laurence Parisot, va s'inscrire «dans la logique des carrières longues» et «cela voudrait dire que le nouveau dispositif serait immédiatement et obligatoirement applicable aux régimes Agirc et Arcco» de retraite complémentaire. Ces régimes, en particulier l'Agirc, ne seraient «pas à même de supporter un tel choc», selon elle.

Selon le Medef, l'impact de ce décret «pour les régimes complémentaires serait de 2 milliards d'euros par an à partir de 2017». Il serait aussi «d'au minimum 5 milliards par an à partir de 2017 pour le régime général» sans compter le «chiffrage pour la fonction publique». «On est déjà dans des ordres de grandeur considérables qui pourraient annuler en partie l'effet de la réforme des retraites de 2010» que le Medef «défend».

Laurence Parisot prévient que si l'Agirc et l'Arcco devaient financer ce surplus, le Medef serait «amené à poser des questions importantes et très structurelles sur ce que nous voulons faire de ces régimes». «Dans cette hypothèse, l'Agirc n'a plus les moyens de se financer dès horizon 2014, ce qui va nous obliger à être imaginatifs», a-t-elle dit sans plus de précision. La présidente du Medef a prévenu aussi que les employeurs ne peuvent «pas accepter d'augmentation de cotisations» et que celle déjà prévue (+0,1 point) «est à la limite du supportable».