Affaire Georges Tron: «La confrontation a permis de mettre en évidence le sérieux des accusations», selon un avocat

JUSTICE C'est l'un des derniers actes effectués avant la clôture de l'instruction...

J. M. avec W. M. sur place et agences

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La confrontation entre le député-maire (UMP) de Draveil (Essonne) Georges Tron et l'une des deux anciennes employées municipales qui l'accusent de viols, a débuté jeudi matin dans le cabinet du juge d'instruction à Evry.
La confrontation entre le député-maire (UMP) de Draveil (Essonne) Georges Tron et l'une des deux anciennes employées municipales qui l'accusent de viols, a débuté jeudi matin dans le cabinet du juge d'instruction à Evry. — Pierre Verdy afp.com

Georges Tron est confronté ce jeudi, devant un juge d'instruction d'Evry, à deux ex-employées municipales qui l'accusent de viols, des affirmations qui lui valent d'être mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. Le député-maire UMP de Draveil (Essonne) est arrivé en catimini, selon notre journaliste sur place, tandis que les plaignantes ses sont arrêtées quelques instants devant la presse, affirmant être en mesure de faire éclater la vérité.

5h30 de confrontation

«Ca s'est très bien passé, j'appréhendais beaucoup mais je n'ai plus peur du tout», a indiqué Virginie, la première plaignante, en ressortant de plus de 5h30 de confrontation. «La confrontation a permis de mettre en évidence le sérieux des accusations», a assuré son avocat. «Je suis soulagée que l'instruction arrive à terme mais j'appréhende d'être à côté de mon agresseur, que son parfum se rappelle à moi. Je reste confiante car il va être mis face à la vérité même si elle est sordide. Ma vie est un désastre depuis 2006. Tron se défend en disant que l'arsenal du FN est derrière tout ça. Mais le complot n'existe que dans son esprit malade. D'ailleurs les gens qui me connaissent savent que je suis à l'extrême opposée de ces idées», a indiqué l'autre plaignante Eva à 20 Minutes.

Cette dernière est à son tour confrontée à Georges Tron depuis 15h30, et les avocats s'attendent à ce que celà dure aussi longtemps. La version de Georges Tron, qui nie les faits et a maintenu sa thèse du complot fomenté par le Front national, est opposée à celle des plaignantes, Eva Loubrieu et Virginie Faux, anciennes employées municipales. Contacté par l'AFP, l'élu fustige les «mensonges éhontés des deux plaignantes». Olivier Schnerb, avocat de Georges Tron, attend de cette confrontation qu'elle «confirme le caractère mensonger des accusations, déjà établi par l'instruction».

Selon une source proche de l'enquête, l'adjointe de Georges Tron à la culture, également mise en examen pour viols et agressions sexuelles, n'était pas présente jeudi. La confrontation entre les trois femmes aura lieu le 21 juin. La confrontation est généralement l'un des derniers actes effectués avant la clôture de l'instruction.

Des viols, pratiqués sous couvert de réflexologie

Candidat à sa réélection dans la 9e circonscription de l'Essonne lors des élections législatives de juin prochain, Georges Tron, 54 ans, avait été mis en examen le 22 juin 2011 pour viols et agressions sexuelles en réunion et par personne ayant autorité. Son adjointe à la culture avait également été mise en examen, pour viols et agressions sexuelles en réunion. Tous deux ont été laissés en liberté sous contrôle judiciaire. Les deux plaignantes les accusent de viols, pratiqués sous couvert de réflexologie, qui consiste à soigner les tensions par des pressions à certains endroits, du pied notamment.

Georges Tron avait démissionné de son poste de secrétaire d'Etat à la Fonction publique dès le 29 mai 2011, après que ces accusations avaient été rendues publiques. Lors du dernier conseil municipal de Draveil, le 2 avril, il a promis de s'expliquer publiquement sur cette affaire.