Présidentielle: Ségolène Royal fustige l'attitude de Nicolas Sarkozy face aux banques lors de la crise de 2008

avec AFP

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Ségolène Royal (PS) a jugé mercredi que Nicolas Sarkozy avait "raté un tournant historique majeur" lors de la crise en 2008 en n'exigeant pas que l'Etat entre au capital des banques en contrepartie de son soutien au secteur, et plaidé pour une nationalisation "partielle" si un tel scénario se reproduisait.
Ségolène Royal (PS) a jugé mercredi que Nicolas Sarkozy avait "raté un tournant historique majeur" lors de la crise en 2008 en n'exigeant pas que l'Etat entre au capital des banques en contrepartie de son soutien au secteur, et plaidé pour une nationalisation "partielle" si un tel scénario se reproduisait. — Fred Dufour afp.com

Ségolène Royal (PS) juge que Nicolas Sarkozy a «raté un tournant historique majeur» lors de la crise en 2008 en n'exigeant pas que l'Etat entre au capital des banques en contrepartie de son soutien au secteur, et plaidé pour une nationalisation «partielle» si un tel scénario se reproduisait.

Interrogée ce mercredi à l'émission «Questions d'info» LCP/Le Monde/AFP/France Info sur les risques de regain de crise économique évoqués à droite en cas de victoire de François Hollande à la présidentielle, Mme Royal a mis en avant «la mauvaise gouvernance» à la fois «économique» et «bancaire» des années Sarkozy.

«Nicolas Sarkozy a raté un tournant historique majeur, lorsque nous avons renfloué les banques, de ne pas rentrer au capital», a-t-elle enchaîné en référence au plan de soutien décidé par l'Etat français lors de la crise économique et financière de 2008.

Au plus fort de la crise, à l'automne 2008, l'Etat avait apporté sa garantie aux banques pour leur permettre d'emprunter sur les marchés. Il avait aussi pris parallèlement des participations dans le capital de plusieurs établissements afin de renforcer leurs fonds propres, sans toutefois entrer directement à leur capital. A la question de savoir si, dans une telle situation, elle aurait «nationalisé» les banques, Mme Royal a répondu: «partiellement».

Retour aux nationalisations de 1981?

«Si nous étions rentrés au capital des banques comme l'a fait d'ailleurs Barack Obama aux Etats-Unis d'Amérique, nous aurions eu la main sur les orientations financières, et nous aurions orienté les financements sur le développement économique et la relance de l'activité économique, de préférence à l'orientation des financements vers la spéculation financière», a-t-elle justifié.

Faut-il le faire si François Hollande est élu à l'Elysée ? «Bien sûr. Chaque fois que nous interviendrons pour renflouer le système bancaire, chaque fois l'Etat reprendra la main», a répondu l'ex-candidate PS à la présidentielle de 2007. Relancée, elle a répété son souhait d'une nationalisation «partielle» des banques «si des fonds publics rentrent (à leur) capital».

«De même l'Etat pourra rentrer au capital des entreprises stratégiques et donnera l'autorisation aux régions de rentrer au capital des entreprises stratégiques au niveau régional, c'est-à-dire en particulier (...) dans les pôles de compétitivité, parce que là on met de l'argent public sous forme d'aides économiques et souvent sans contrôle et sans contrepartie», a dit la présidente de la région Poitou-Charentes.

N'est-ce pas un retour aux nationalisations de 1981? «Au contraire, c'est une vision très moderne du développement économique», a-t-elle répondu, «chaque fois que des fonds publics interviennent, il faut que le pouvoir de décider, de contrôler et d'orienter ces fonds et de les conditionner intervienne».