Affaire Bettencourt: Fillon «s'étonne» de la détention de Patrice de Maistre, puis retire sa phrase

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Deux proches du secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, Valérie Rosso-Debord et Sébastien Huyghe, ont désapprouvé mercredi des propos de François Fillon, qui a qualifié un peu plus tôt son approche des choses comme "plus sereine et pragmatique" que celle de Nicolas Sarkozy.
Deux proches du secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, Valérie Rosso-Debord et Sébastien Huyghe, ont désapprouvé mercredi des propos de François Fillon, qui a qualifié un peu plus tôt son approche des choses comme "plus sereine et pragmatique" que celle de Nicolas Sarkozy. — Patrick Kovarik afp.com

François Fillon a estimé jeudi sur France Inter qu'on pouvait «s'étonner sur les raisons qui conduisent» à placer en détention l'ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt Patrice de Maistre, avant de «regretter» la phrase et de la «retirer». L'ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, a été placé en détention provisoire le 22 mars pour des faits présumés liés au financement de l'UMP en 2007, selon divers médias.

«Je suis Premier ministre et garant aussi du bon fonctionnement des institutions judiciaires»

«Ce que je peux remarquer, c'est qu'il y a quand même des coïncidences: à chaque fois que François Hollande est un peu en difficulté dans les sondages, on trouve de nouvelles affaires qui naissent ou réapparaissent», a dit le Premier ministre. «Aujourd'hui, on nous sort de nouveau l'affaire Bettencourt, sans que jamais le début du commencement d'une preuve n'ait été apporté», a-t-il enchaîné.

Il y a des méthodes qui à mon avis ne tromperont pas les Français», a affirmé François Fillon. «On peut s'étonner sur les raisons qui conduisent à écrouer» Patrice de Maistre, ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, a-t-il ajouté.

Quelques minutes plus tard, il a reconnu avoir «immédiatement regretté la phrase prononcée». «J'ai des opinions personnelles, mais je suis Premier ministre et je suis garant aussi du bon fonctionnement des institutions judiciaires et je retire cette phrase», a dit M. Fillon.

Sarkozy «n'a jamais cherché à favoriser ses amis»

«Je connais le président de la République, je viens de passer cinq années assez proche de lui (...) j'ai constaté à de nombreuses reprises, contrairement à ce qui est dit, qu'il n'a jamais cherché à favoriser ses amis», a aussi assuré François Fillon. «J'ai même souvent vu le contraire: il y a un certain nombre de grands responsables d'entreprises qui en savent quelque chose, je pense en particulier au secteur de la téléphonie mobile, ça n'a pas pas toujours été comme cela dans le passé», a-t-il ajouté.

Il a aussi rappelé que «des journaux importants» avaient récemment consacré «deux pages» à un éventuel financement par Mouammar Kadhafi de la campagne de M. Sarkozy en 2007. Il aurait versé 50 millions de dollars pour une campagne qui en a coûté vingt!» a ironisé François Fillon, pour qui la «source était plus que discutable».