La polémique sur le halal pourrit la campagne, selon les éditorialistes

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La polémique "nauséabonde" initiée par le Front national et l'UMP sur la viande halal pollue la campagne présidentielle et indigne de nombreux éditorialistes dont certains concluent mercredi à "l'échec" de l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, au lendemain de son débat télévisé.
La polémique "nauséabonde" initiée par le Front national et l'UMP sur la viande halal pollue la campagne présidentielle et indigne de nombreux éditorialistes dont certains concluent mercredi à "l'échec" de l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, au lendemain de son débat télévisé. — JACQUES DEMARTHON afp.com

La polémique "nauséabonde" initiée par le Front national et l'UMP sur la viande halal pollue la campagne présidentielle et indigne de nombreux éditorialistes dont certains concluent mercredi à "l'échec" de l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, au lendemain de son débat télévisé.

"La présidentielle ? Une boucherie où l'on s'étripe sur des sujets fantasmatiques. Une boucherie pour les idées, réduites en charpie, à un mot : halal", écrit Didier Louis dans le Courrier picard.

"Parvenir, en 2012, sur un sujet pareil, à susciter une grotesque guerre de religions et à se faire donner des leçons de sereine laïcité par les représentants des musulmans et des juifs de France relève de l'exploit, désopilant s'il n'était nauséeux et inflammable", critique Nicolas Demorand dans Libération.

Dominique Greiner, dans La Croix, avertit: remettre en question les prescriptions sur l'alimentation halal ou casher, "c'est déjà piétiner un droit fondamental" inscrit au premier article de la Constitution française.

Et Rémi Godeau (Est Républicain) souligne aussi le danger: "Attention, que le halal ne sonne pas l'hallali de la majorité."

"Que penser enfin de l'incroyable diversion sur la viande halal et casher dans la bouche du président sortant et du premier ministre ? Est-ce là parole d'hommes d'État ?" s'interroge Jean-Paul Piérot dans L'Humanité.

Jacques Guyon (Charente Libre) note que "François Fillon aura réussi l'exploit de se mettre à dos à la fois juifs et musulmans, également ulcérés à la fois par la mise en cause de leurs traditions religieuses et par l'instrumentalisation dont ils ne peuvent être dupes."

Pour Hervé Chabaud (L'Union et l'Ardennais), l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy "est un échec parce qu'il s'est engagé dans une course "à droite toute", suicidaire dans une France qui n'a cessé de s'ancrer à gauche à chaque scrutin depuis le début de son quinquennat".

Même sentiment chez Daniel Ruiz dans La Montagne: "l'électrochoc de l'entrée en campagne n'a pas eu lieu et l'on sent poindre quelques contestations de l'intérieur en particulier sur la droitisation de la campagne et les errements de la polémique sur la viande halal".