Pacte anti-Hollande: Sarkozy et les grandes capitales démentent tour à tour

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L'hypothèse d'un front conservateur européen anti-Hollande continuait de faire des vagues lundi, Nicolas Sarkozy démentant avoir mis au point un tel "pacte", au même titre que Madrid, Rome et Londres, qui ont nié tout ostracisme concerté à l'encontre du candidat socialiste
L'hypothèse d'un front conservateur européen anti-Hollande continuait de faire des vagues lundi, Nicolas Sarkozy démentant avoir mis au point un tel "pacte", au même titre que Madrid, Rome et Londres, qui ont nié tout ostracisme concerté à l'encontre du candidat socialiste — Fred Dufour afp.com

L'hypothèse d'un front conservateur européen anti-Hollande a continué à faire des vagues lundi, Nicolas Sarkozy démentant avoir mis au point un tel "pacte", au même titre que Londres, Madrid et Rome, qui ont nié tout ostracisme concerté tandis que Berlin dédramatisait.

Selon le magazine allemand Der Spiegel, l'Allemande Angela Merkel, l'Italien Mario Monti, l'Espagnol Mariano Rajoy et le Britannique David Cameron ont décidé d'un commun accord de ne pas recevoir le candidat PS François Hollande, en raison de son intention de renégocier le pacte budgétaire européen s'il est élu.

Mais les démentis se sont succédé depuis dimanche au même rythme que les réactions au sein du camp de M. Hollande, qui a assuré très rapidement que cette "information" ne l'"impressionn(ait) pas".

En déplacement lundi dans l'Aisne, M. Sarkozy -qui bénéficie du soutien de MM. Cameron et Rajoy, ainsi que de celui de Mme Merkel- s'est défendu d'avoir mis au point un quelconque boycott.

"Les dirigeants, vous ne croyez pas qu'ils ont autre chose à faire que des pactes ou des choses comme ça? Je n'ai jamais parlé avec les uns ou les autres de ça", a déclaré le président-candidat à des journalistes. "Je pense que le problème de M. Hollande (...), c'est qu'il a peu voyagé, et donc il ne se rend pas compte qu'on est dans un monde ouvert", a-t-il ajouté.

Après Berlin dimanche, Londres, Madrid et Rome ont démenti lundi.

"Je peux confirmer que je ne fais pas partie d'un quelconque pacte secret", a déclaré M. Cameron, en réponse à une question d'un député, devant la Chambre des Communes.

"Que j'ai pu dire que je ne recevrai pas M. Hollande, cela est faux", a également clamé M. Rajoy lors d'une conférence de presse. Il a toutefois exprimé implicitement son soutien à M. Sarkozy: "Tout le monde sait qui je veux voir gagner les élections, parce que nous militons dans le même parti."

L'article de Der Spiegel est "complètement fantaisiste", ont indiqué à l'AFP des sources gouvernementales italiennes, "Mario Monti n'appartenant à aucun parti politique, il se garde bien de se mêler de politique italienne, encore moins de la politique d'autres pays".

L'Allemagne, qui avait démenti dès dimanche, s'est efforcée d'apaiser les esprits. "Bien évidemment, le gouvernement allemand travaillera étroitement, en confiance et efficacement avec tout gouvernement ou président de la République français", a déclaré Steffen Seibert, le porte-parole de Mme Merkel.

Depuis décembre, M. Hollande s'est rendu à Berlin, Rome et Londres sans rencontrer les chefs de gouvernement. En février, il avait demandé à voir Mme Merkel. "Elle a dit qu'elle ne le souhaitait pas. Il a répondu dont acte", a expliqué lundi Martine Aubry, la première secrétaire du PS.

Traditionnellement, les principaux candidats à la présidentielle française sont reçus par le chancelier allemand.

Invité d'Europe 1 lundi matin, François Fillon a ironisé. "François Hollande se fait plus gros qu'il n'est!" a raillé le Premier ministre. "C'est de la foutaise", a renchéri le chef de la diplomatie, Alain Juppé.

A l'inverse, Bernard Cazeneuve, porte-parole de M. Hollande, a déploré le "recroquevillement des conservatismes face au mouvement des peuples". "Les magouilles d'Angela Merkel et de ses amis conservateurs ne pourront pas mettre le couvercle sur la légitime aspiration des européens à décider de leur avenir", a ajouté le PCF.

Pour le candidat centriste François Bayrou, un tel pacte constituerait "la politique politicienne dans ce qu'elle a de plus indigent".

L'ex-Premier ministre Dominique de Villepin a, lui, suggéré qu'il s'agissait d'un mauvais coup pour M. Sarkozy. "C'est le baiser qui tue", a jugé le candidat de République solidaire.