Propos sur les homosexuels: Christian Vanneste n'a «pas l'intention de quitter l'UMP»

POLITIQUE Le député du Nord a mis en doute la réalité d'une déportation des homosexuels pendant la seconde guerre mondiale...

Julien Ménielle avec Gilles Durand et Olivier Aballain, à Lille

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Jean-Francois Copé tient une réunion publique dans la commune de Trilport, à côté de Meaux, le 31 mai 2012.
Jean-Francois Copé tient une réunion publique dans la commune de Trilport, à côté de Meaux, le 31 mai 2012. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Et si c'était la sortie de trop? Christian Vanneste va être exclu de l'UMP après ses déclarations polémiques sur la déportation des homosexuels pendant la seconde guerre mondiale, a confirmé à 20 Minutes le secrétaire général adjoint du parti présidentiel Marc-Philippe Daubresse.

«Je ne serai pas exclu, je n'ai pas l'intention de quitter l'UMP», a prévenu Christian Vanneste au micro d'Europe 1. «Il suffit de se reporter à mes propos pour voir qu'il n'y a aucun motif d'exclusion puisque je n'ai fait que citer des faits», s'est-il défendu. «Je condamne évidemment fermement la déportation des homosexuels», a assuré le député, dénonçant au passage les pressions d'un «lobby qui défend des idées qui ne sont pas celles du Président de la République».

Pas investi pour les législatives

Le bureau politique de l'UMP, réuni ce mercredi matin, a débattu de la question et a décidé à l'unanimité des suites à donner. Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP a fait inscrire trois points à l'ordre du jour du bureau politique du parti, qui se tiendra mercredi prochain: l'exclusion de Christian Vanneste, le retrait de son investiture dans le Nord aux législatives, et l'investiture d'un autre candidat UMP à sa place.

Une attitude qui change de celle qu'avait adoptée l'UMP aux légisaltives de 2007. Non investi après sa condamnation pour des propos homophobes, le député du Nord s'était présenté sous l'étiquette majorité présidentielle (CNI-UMP) et avait réussi à conserver son siège aux législatives avec le soutien de l'UMP, qui n'avait pas présenté de candidat face à lui.

Négationisme

Christian Vanneste a été condamné en janvier 2006 pour injures envers les homosexuels, après avoir affirmé que l’homosexualité était «inférieure» à l’hétérosexualité et serait «si on la pousse à l’universel, dangereuse pour l’humanité». Premier politique poursuivi dans le cadre de la loi du 30 décembre 2004 sur les propos homophobes, le député a été blanchi en novembre 2008 par la cour de Cassation, qui a estimé qu'il n'avait pas dépassé les limites de la liberté d'expression.

Cette fois, Christian Vanneste «est passé un cran au-dessus», selon l'avocate Caroline Mecary, qui estime que ses propos sont «négationnistes». C'en est trop, même pour ses confrères du collectif Droite populaire: Eric Ciotti a demandé sa tête lors du bureau politique de l'UMP tandis que Thierry Mariani jugeait que «s’en prendre aux homosexuels est injustifiable et incompatible avec les valeurs de notre famille politique».

Christian Vanneste se défend sur LCI