Réactions en chaîne à l'UMP après les propos de Christian Vanneste sur les homosexuels

RÉACTIONS a majorité se désolidarise du député UMP du Nord...

Enora Ollivier

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Delphine Batho, porte-parole de François Hollande
Delphine Batho, porte-parole de François Hollande — NOSSANT/SIPA

La majorité est en train de lâcher le député Vanneste. Jean-François Copé a réclamé des «sanctions» à l'encontre de l'élu du Nord, qui a qualifié de «légende» la déportation des homosexuels pendant la Seconde guerre mondiale.Le secrétaire général de l'UMP a assuré qu'il ne se «déroberait pas» et que le cas du député de la Droite populaire serait étudié lors du burau national du parti, mercredi prohain.

Nadine Morano a elle indiqué ce mercredi matin sur Twitter qu’elle «condamnait fermement» les propos de l’élu du Nord. «Il ne peut pas porter ni nos couleurs ni nos valeurs», écrit encore la ministre de l’Apprentissage.

«Propos ridicule de ce député malheureusement UMP!», avait réagi avant elle le ministre du Logement Benoist Apparu, également sur Twitter. «Il faut le virer de l'UMP», ajoute-t-il dans un autre tweet.

Eric Ciotti, lui aussi membre du très droitier collectif de la Droite populaire, assure sur Twitter «avoir demandé son exclusion de l'UMP en bureau politique», après ces propos «honteux».

«S’opposer à l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe est une position politique que je partage mais s’en prendre aux homosexuels est injustifiable et incompatible avec les valeurs de notre famille politique», a renchéri Thierry Mariani, ministre des Transports et co-fondateur de la Droite populaire.

«Une vraie bêtise», selon le FN

Le député-maire UMP Franck Riester, qui a fait son coming out en décembre dernier a de son côté jugé que les propos de Christian Vanneste étaient «inadmissibles». «Une provocation de plus, une provocation de trop!» écrit l’élu sur son compte Twitter.

Interrogé sur BFMTV, la ministre des Solidarités Roselyne Bachelot a aussi «condamné» la sortie du député du Nord, mais ne s'est pas prononcée sur une exclusion de l'élu, jugeant que «ce n'était pas à (elle)» de le faire.

Le Front national a réagi par la voix de son n°2: «Je pense qu'il faut que monsieur Vanneste relise un peu ses livres d'histoire», a jugé Louis Aliot sur le plateau de France 2, jugeant que le député du Nord avait dit «une vraie bêtise».

«Des affirmations abjectes» pour Martine Aubry

Delphine Batho, la porte parole de François Hollande, juge que les popos de Christian Vanneste sont «non seulement homophobes mais aussi négationnistes». Dans un communiqué, elle demande à l’UMP «d’immédiatement exclure ce député si elle ne veut pas être implicitement complice de propos aussi odieux». Le PS attend, poursuit Delphine Batho, «que le candidat de l’UMP condamne très clairement ce qui n'est hélas pas un dérapage, mais une idéologie nauséabonde».

Dans un communiqué, Martine Aubry «condamne avec la plus grande sévérité» les propos de Christian Vanneste. «Ce sont une fois de plus des affirmations abjectes, marquées par une homophobie insupportable, qui l’excluent définitivement du cercle des élus républicains», s’indigne la première secrétaire du Parti socialiste.

«Christian Vanneste est un récidiviste», a indiqué à 20 Minutes Zina Dahmani, candidate PS dans la circonscription de Christian Vanneste, jugeant que «la déportation des homosexuels, ce n’est pas un point de détail de la deuxième guerre mondiale». «Avec ses déclarations sur le "bourrage de crâne" soi-disant opéré par le "lobby gay", on voit bien qu’il y a un glissement vers des partis qui ne représentent pas les valeurs de la république», estime-t-elle.

Pour Jean-Michel Baylet, président du parti radical de gauche, «Christian Vanneste a fait de l’homophobie son fond de commerce comme d’autres usent du racisme ou de l’antisémitisme pour faire parler d’eux».

Le député,  «coutumier des dérapages homophobes», «vient de passer un cran supplémentaire dans l'ignoble», juge Eva Joly dans un communiqué. «Nier l'existence et la souffrance de ces milliers d'êtres déportés pour leur orientation sexuelle renvoie à la même abjection que leurs bourreaux», estime la candidate écologiste.

Serge Klarsfeld et Lionnel Luca en soutien

Serge Klarsfeld, président de l’Association des fils et filles des déportés juifs de France, a un avis discordant. Interrogé par le site Nouvelles de France, le célèbre avocat estime qu'«il n’y a pas eu de déportation d’homosexuels» en France. «Ceux qui soutiennent qu’il y a eu une déportation diront qu’il y en a eu 2 ou 3 mais en Alsace. Or, l’Alsace était considérée comme allemande à l’époque!», soutient-il.

«Il y a certainement eu des homosexuels déportés mais pour d’autres raisons», insite-t-il. Serge Klarsfeld soutient donc Christian Vanneste «parce que c’est la vérité». Par conséquent, «demander son exclusion de l’UMP pour ce motif me paraît tout à fait ridicule».

Figure de la droite populaire, Lionnel Luca défend également Vanneste. Toujours sur Nouvelles de France, le député parle de «la véritable chasse aux sorcières au sein de l'UMP» opérée selon lui par le «lobby» Gaylib. Pour Luca, il est «hors de question» d'exclure Vanneste de l'UMP.