Sarkozy va tenter de reprendre la main dimanche à la télévision

© 2012 AFP

— 

L'intervention télévisée dimanche soir de Nicolas Sarkozy va revêtir à la fois un enjeu économique, avec à la clef une série de "mesures fortes" comme une probable hausse de la TVA, mais aussi politique, à mois de trois mois d'un scrutin où il est donné largement battu.
L'intervention télévisée dimanche soir de Nicolas Sarkozy va revêtir à la fois un enjeu économique, avec à la clef une série de "mesures fortes" comme une probable hausse de la TVA, mais aussi politique, à mois de trois mois d'un scrutin où il est donné largement battu. — Thomas Coex afp.com

L'intervention télévisée dimanche soir de Nicolas Sarkozy va revêtir à la fois un enjeu économique, avec à la clef une série de "mesures fortes" comme une probable hausse de la TVA, mais aussi politique, à mois de trois mois d'un scrutin où il est donné largement battu.

M. Sarkozy, qui fête ses 57 ans samedi, s'exprimera dimanche de 20H10 à 21H15 sur six chaînes - TF1, France 2, BFM TV, I-Télé, LCI et La Chaîne parlementaire - devant quatre journaliste, Claire Chazal, Laurent Delahousse, François Lenglet et Jean-Marc Sylvestre.

A l'origine, cette émission avait été conçue pour permettre à M. Sarkozy de dévoiler des "mesures fortes et structurelles", selon les termes de François Fillon, décidées dans la foulée du "sommet de crise" du 18 janvier avec les partenaires sociaux.

Avec plus de 2,8 millions de demandeurs d'emploi, un niveau inégalé depuis 12 ans, et une croissance toujours atone, le chef de l'Etat veut montrer qu'il gouverne jusqu'au bout et afficher son volontarisme, une de ses marques de fabrique.

Principale mesure attendue, M. Sarkozy devrait annoncer une hausse de la TVA - probablement sans prononcer les mots qui fâchent de "TVA sociale" -, pour réorienter vers les importations une partie du financement de la protection sociale, qui pèse jusqu'ici uniquement sur les cotisations salariales et patronales.

Autre réforme envisagée: la flexibilité du travail, grâce à des "accords de compétitivité" par entreprise ou par branche.

Le président devra toutefois se montrer très pédagogue pour faire accepter aux Français des mesures, impopulaires jusque dans la majorité, qui consistent à relever un impôt indirect, alors que le pouvoir d'achat des Français est déjà en berne, et à vider complètement de leur substance les 35 heures.

Une "mesure forte" sur le logement devrait également être annoncée, selon une source proche du dossier. Les sanctions devraient en outre être "durcies" pour les entreprises de plus de 250 salariés qui n'emploient pas suffisamment d'apprentis.

Sarkozy "sous pression mais en forme"

"La seule manière de rebondir pour Nicolas Sarkozy, c'est de faire des choses lourdes, importantes et utiles en termes de réformes économico-sociales jusqu'à la dernière minute", résume samedi dans Libération Alain Minc, un "visiteur du soir" de l'Elysée. Le chef de l'Etat a encore "une petite chance sur deux" de l'emporter, selon l'économiste.

Mais deux semaines après la perte du triple A, cet exercice de pédagogie délicat pour celui qui se présentait en 2007 comme "le président du pouvoir d'achat" doit aussi donner au président sortant l'occasion de reprendre la main, à l'issue d'une semaine réussie pour François Hollande, toujours largement en tête dans les sondages.

M. Sarkozy, qui a évoqué pour la première fois le week-end dernier son éventuelle défaite et son retrait de la vie politique, annoncera-t-il sa candidature? "Vous verrez bien", a botté en touche vendredi soir son conseiller spécial, Henri Guaino.

Si 38% des Français souhaitent qu'il "avance son calendrier", contre 31% qui considèrent le contraire, selon un sondage TNS Sofres pour I-Télé, une source de l'UMP confie néanmoins que sa candidature n'interviendra pas "avant mars".

"Cette séquence n'a de sens que s'il est président", confie l'entourage de M. Sarkozy. Le chef de l'Etat, attendu lundi à un sommet européen à Bruxelles, est "sous pression mais il est en forme", assure-t-on de même source.

En attendant, M. Hollande, taxé d'arrogance par ses adversaires et qui doit gérer son avance avant que son principal adversaire n'entre dans la course, s'est évertué vendredi dans l'Isère à mettre en garde ses partisans contre tout excès de confiance.