Mélenchon en campagne anti-Le Pen

© 2012 AFP

— 

A la rencontre des syndicalistes de Peugeot et d'Alstom en Franche-Comté mardi, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche (FG) à la présidentielle, a une nouvelle fois concentré ses attaques sur le Front national, avec en prime quelques piques à François Hollande.
A la rencontre des syndicalistes de Peugeot et d'Alstom en Franche-Comté mardi, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche (FG) à la présidentielle, a une nouvelle fois concentré ses attaques sur le Front national, avec en prime quelques piques à François Hollande. — Sebastien Bozon afp.com

A la rencontre des syndicalistes de Peugeot et d'Alstom en Franche-Comté mardi, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche (FG) à la présidentielle, a une nouvelle fois concentré ses attaques sur le Front national, avec en prime quelques piques à François Hollande.

A 09H15, devant l'usine Peugeot Scooters à Mandeure (Doubs), menacée d'une centaine de suppressions d'emplois, il commence par saluer le militant FG qui s'est opposé à Marine Le Pen la semaine dernière sur un site de PSA non loin. "Bien joué ! On est fier de toi !", lui lance le candidat à l'écharpe rouge.

Face à lui une trentaine de personnes, drapeaux FG, CGT et CFDT sous le vent froid. "Les puissants peuvent prendre peur d'une parole de résistance", affirme l'eurodéputé, porte-voix en main aux côtés de Pierre Laurent (PCF), dénonçant les "délocalisations entourées de mensonges".

"A votre service" pour "porter une voix qui ne transige pas", "une parole où il n'y a pas que la musique", leur dit-il, ciblant François Hollande, avant de s'en prendre longuement à Mme Le Pen : "Ne vous laissez pas berner par ceux qui prétendent que le problème, c'est l'immigré, pas le banquier".

"Le FN est une honte pour la classe ouvrière" avec ses "fausses solutions" comme l'augmentation promise des salaires de 200 euros. "Cela ne coûtera pas un euro au patronat", "c'est vous qui allez redonner les 200 euros par le biais de l'impôt !", affirme le défenseur d'un Smic à 1.700 euros. "Le FN vous trompe !", tonne-t-il.

Avant de partir, un salarié CFDT l'interpelle : "on est en phase avec ce que vous dites !", suscitant la satisfaction du candidat, qui se félicite de syndicalistes "de plus en plus nombreux" à le soutenir.

Un peu plus tard, M. Mélenchon se fait pédagogue devant la bonne centaine de sympathisants, plutôt âgés, réunis dans une salle de Mandeure.

Crise de la dette, "définanciarisation" de l'entreprise, salaires maximums, tout y passe. Face aux "logiques d'austérité", "notre politique, c'est relance de l'activité", planification écologique et réindustrialisation, plaide-t-il.

"Quel coût social et écologique de fabriquer des scooters en Chine pour les ramener en Europe?", demande-t-il, fustigeant le "moins-disant social".

Dans le bus qui le mène à Belfort vers Alstom, il se réjouit en tout cas de "la contamination idéologique" qu'il "provoque" par sa montée dans les sondages (7-8%).

Assurant ne pas craindre qu'une partie de son électorat aille vers M. Hollande après son discours offensif du Bourget, l'eurodéputé affirme : "plus il y va sur le violon anticapitaliste, plus il valide mon vocabulaire", "cela élargit notre espace".

Mais, critique-t-il, le candidat PS qui n'a pas "inventé l'eau chaude" sur la laïcité, ne dit "pas un mot sur le rassemblement de la gauche". Et l'ex-PS de penser que pour les écologistes, le vote utile c'est "plus le Front de gauche que le Parti socialiste".

En début d'après-midi, devant des salariés belfortains venus l'écouter pendant leur pause déjeuner, il réitère son credo : "rendre les coups aux financiers et au parti de la haine".

Et d'appeler à convaincre "les gens un par un". "L'enjeu est de rechercher la fraction du peuple qui ne vote plus ou vote pour nos adversaires", dit-il, avant de rejoindre l'usine Alstom, dont une unité doit être délocalisée en Pologne.

Là, sa visite se fera bien encadrée par la direction, sans pouvoir parler aux salariés au travail. Devant les seuls délégués syndicaux, il écoute, sans proposer de solutions, et pousse à "ne rien lâcher", avant de donner rendez-vous au meeting du soir à Besançon, pour une "démonstration de force".