Rama Yade menace de rallier le camp Bayrou

LEGISLATIVES L'ancienne disciple de Nicolas Sarkozy dénonce «la voyoucratie qui associe le PS et ce qui reste de l'UMP» dans les Hauts-de-Seine…

Alexandre Sulzer

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Rama Yade, lors du congrès du Parti radical, à Paris, le 15 mai 2011.
Rama Yade, lors du congrès du Parti radical, à Paris, le 15 mai 2011. — WITT/SIPA

Rama Yade déboutée, Rama Yade remontée comme jamais. L’ancienne secrétaire d’Etat aux droits de l’homme s’est posée ce mardi en victime du jugement du tribunal d’instance de Colombes (Hauts-de-Seine) qui a rejeté la veille sa demande de réinscription sur les listes électorales de cette ville, desquelles elle avait été radiée mi-décembre.

Au siège du Parti radical valdoisien, celle qui dénonce la «voyoucratie qui associe le PS et ce qui reste de l’UMP» dans les Hauts-de-Seine, a laissé largement ouvert la possibilité de rallier le camp MoDem pour la présidentielle. «Tout est ouvert, pourquoi s’empêcher de réfléchir?», a-t-elle répondu à un journaliste mais «la position indépendante de François Bayrou est intéressante». Si elle attend de lui des «clarifications» sur un possible ralliement à la gauche, Rama Yade a lancé: «ce qui est sûr, c’est que je ne soutiendrai pas le candidat qui couvre les agissements». Comprendre les recours contre sa candidature qu’elle attribue à un «système UMPS aux petits pieds» dans les Hauts-de-Seine.  «J’espère qu’au nom de notre histoire commune, Nicolas Sarkozy se demandera si Manuel Aeschlimann [le candidat UMP sortant d’Asnières-Colombes sud] correspond à cette République irréprochable que nous avons portée ensemble». «L’UMP et le PS, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.» Le message est passé.

«Ils auront beau m’intimider, cela ne m’éloignera pas de la 2e circonscription»

Sur le plan judiciaire, Rama Yade «réfléchit à un pourvoi dans les plus brefs délais» contre la décision du tribunal d’instance. Si elle ne pouvait s’inscrire sur les listes de Colombes, cette jurisprudence «obligerait une grande partie de la classe politique à ouvrir ses portes» pour justifier de sa domiciliation réelle, comme elle a été obligée de le faire. «Ils auront beau m’intimider, cela ne m’éloignera pas de la 2e circonscription», assure-t-elle, sans expliquer comment elle compte faire puisqu’en principe, elle ne peut être candidate sans être inscrite sur liste électorale. Ses adversaires bénéficient «de solides appuis là où il faut», attaque-t-elle. «C’est le même procureur qui envoie la force publique chez ma propriétaire pour exiger un bail que celui des fadettes» [les écoutes téléphoniques de journalistes du Monde dans l’affaire Bettencourt], dénonce-t-elle, en référence explicite au procureur de Nanterre, Philippe Courroye, notoirement connu pour sa proximité avec Nicolas Sarkozy. De quoi, selon elle, pointer du doigt des «méthodes» dignes «des pires régimes». Et de conclure: «Je ne me suis pas battu contre des dictateurs pour céder devant des petites frappes.»

«Je n’ai pas à me mêler de cette histoire » a répondu Rama Yade concernant la rivalité entre François Fillon et Rachida Dati pour l’investiture dans la 2e circonscription de Paris aux législatives. «Je lui souhaite d’y arriver», a-t-elle toutefois précisé à l’attention de Rachida Dati, autre «enfant de la méritocratie».