Un sommet «électoral» estiment les éditorialistes

REVUE DE PRESSE Les avis ne sont pas tendres pour Nicolas Sarkozy au lendemain de sa rencontre avec les syndicats...

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De "timides avancées" en faveur du chômage partiel, loin des mesures énergiques prises par l'Allemagne, jeudi les éditorialistes jugent souvent que le sommet "social" de la veille a surtout été un "sommet électoral".
De "timides avancées" en faveur du chômage partiel, loin des mesures énergiques prises par l'Allemagne, jeudi les éditorialistes jugent souvent que le sommet "social" de la veille a surtout été un "sommet électoral". — Eric Feferberg afp.com

De «timides avancées» en faveur du chômage partiel, loin des mesures énergiques prises par l'Allemagne. Ce jeudi, les éditorialistes jugent souvent que le sommet «social» de la veille a surtout été un «sommet électoral».

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«Le rendez-vous social rebaptisé "sommet sur la crise" par l’exécutif constituait, surtout, un sommet... électoral. Il s’apparente à une opération survie à l’approche de la présidentielle», résume François Martin dans Midi Libre. «Annoncée sommet social, rebaptisée sommet de crise et finalement sommet de peu, cette matinée avec les syndicats n’aura été qu’une saynète dans le jeu du quinquennat, une articulation entre mandature et candidature», s'insurge Daniel Ruiz dans La Montagne.

«Mise en scène d'une parodie de dialogue social»

Comédie également pour Philippe Waucampt (Le Républicain Lorrain): «Premier acte de la dramaturgie, le sommet social avait pour objet de brosser un portrait consensuel -a minima- du chef de l'Etat en lui faisant consulter les partenaires sociaux.» «Ni une montagne, même pas une colline, le sommet a donc accouché logiquement d'une souris. Ou plutôt de la mise en scène d'une parodie de dialogue social»: comédie toujours dans Le Courrier Picard sous la plume de Daniel Muraz. Dans Sud-Ouest, Bruno Dive fait aussi référence au spectacle: «C’était donc un Nicolas Sarkozy tentant de sauver les meubles qui recevait hier les partenaires sociaux réduits au rôle de figurants.»

«Aussi, serait-on même en droit de juger timides les avancées faites hier. estime Jean-Francis Pécresse (Les Echos) qui souligne qu'elles le sont «au regard de ce qui nous sépare, en la matière, de l'économie allemande, où cinq à six fois plus de salariés ont été placés en activité partielle au plus fort de la crise, où dix fois plus d'argent public a été consacré à les indemniser (6 milliards d'euros, contre 600 millions en France).»

«Une goutte d'eau sur une plaque chauffante»

Jean-Marcel Bouguereau (La République des Pyrénées) note le côté dérisoire des montants annoncés: «500 millions d'euros, c'est 0,025 % du PIB, quatre fois moins que ce qui a été rendu à ceux qui paient l'ISF ou huit fois moins que ce qu'on dépense chaque année pour les heures sup subventionnées... L'ouverture d'un millier de postes pour Pôle emploi, c'est rien quand on sait qu'un agent doit suivre 150 chômeurs alors qu'en Allemagne, il en suit 60!» «Le soupçon d'opportunisme électoraliste est pour le moins permis», juge Paul Burel dans Ouest-France.

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«Les cent nouveaux millions annoncés hier sont une goutte d'eau sur une plaque chauffante, qui arrive, de surcroît, très tard. C'est l'effet d'annonce permanent», regrette Patrick Fluckiger dans L'Alsace. «Il fallait prêter une oreille distraite aux syndicats? C'est fait... Mieux valait éviter de mettre en évidence une unanimité syndicale contre ses projets? En taisant les plus redoutables hier, l'Élysée pense avoir limité la casse», observe Patrick Apel-Muller dans L'Humanité.