L'UMP évite d'investir un candidat à Neuilly-sur-Seine

LEGISLATIVES Un échec probable de plus serait trop humiliant dans le fief de Nicolas Sarkozy…

Alexandre Sulzer

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Jean-Christophe Fromantin à son bureau de Neuilly-sur-Seine, en 2009.
Jean-Christophe Fromantin à son bureau de Neuilly-sur-Seine, en 2009. — no credit

Eviter l’humiliation à Neuilly-sur-Seine. L’UMP ne devrait investir personne aux législatives dans le fief de Nicolas Sarkozy. Officiellement, la 6e circonscription est «gelée» dans l’attente d’une décision ultérieure. Mais ce «gel» ne doit évidemment rien au hasard.

Le maire (DVD) de la ville Jean-Christophe Fromantin, ennemi juré de Jean Sarkozy, a en effet indiqué il y a plusieurs mois qu’il serait candidat sous ses propres couleurs. Il a d’ailleurs créé un micro-parti, «Territoires en mouvement». Or, rien ne semble résister à Fromantin. Candidat indépendant aux municipales de 2008 face à David Martinon, le porte-parole de l’Elysée parachuté par l’UMP, il a transformé le fief sarkozyste en bastion rebelle au sein de la droite.

En 2008, sa popularité avait contrait l’UMP in fine à le soutenir. «Le scénario va se répéter», se réjouit-il aujourd’hui. Il faut dire que les élections cantonales de 2011 ont confirmé sa popularité. Candidat dans le canton de Neuilly-nord, celui de Nicolas Sarkozy quand il était au conseil général des Hauts-de-Seine, Jean-Christophe Fromantin a écrasé l’UMP Marie-Cécile Ménard (70,2% des voix contre 29,8%). «Il tient sa ville, il n’est pas prenable», reconnaît un cadre de l’UMP.

Pour Joëlle Ceccaldi-Raynaud, «ce n’est pas un renoncement»

Résultat, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, la suppléante de Nicolas Sarkozy à l’Assemblée nationale et députée sortante de la 6e circonscription, n’a pas souhaité se représenter. «Ce n’est pas un renoncement, elle souhaite se consacrer à ses mandats de maire de Puteaux et de président de l’Etablissement public d’aménagement de la Défense [Epadesa]», rétorque son cabinet.

Jean-Christophe Fromantin assure qu’il ne sollicite pas le soutien de l’UMP car il veut «rester indépendant». Mais indique qu’il votera Nicolas Sarkozy dès le premier tour de la présidentielle. «On ne change pas de capitaine dans la tempête.» Une position qui, de fait, reconnaît-il, «favorise» ses relations avec l’UMP. Qui risque bien d’être contraint de composer avec lui.