Affaire Bettencourt: Les juges vont examiner les comptes de campagne de Sarkozy de 2007

JUSTICE Un millier de documents font l'objet d'une «réquisition judiciaire»...

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Le dossier Bettencourt transmis au TGI de Bordeaux le 17 novembre 2010 comporte un volet d'instruction concernant un possible financement illicite de partis politiques, ouvert notamment à la suite des déclarations de Claire Thibout, l'ancienne comptable des Bettencourt.
Le dossier Bettencourt transmis au TGI de Bordeaux le 17 novembre 2010 comporte un volet d'instruction concernant un possible financement illicite de partis politiques, ouvert notamment à la suite des déclarations de Claire Thibout, l'ancienne comptable des Bettencourt. — Fred Dufour afp.com

Les comptes de campagne pour l'élection présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy font l'objet d'une réquisition judiciaire auprès de la commission nationale des comptes de campagne, dans le cadre de l'affaire Bettencourt instruite à Bordeaux, assure mardi le journal Sud Ouest.

Dans son édition en ligne, le quotidien indique que «les comptes de campagne pour l'élection présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy font désormais l'objet d'une réquisition judiciaire». «Le millier de documents déposés à la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) retraçant les dépenses et surtout les recettes déclarées par le candidat devrait être prochainement passé au peigne fin par des juges d'instruction», ajoute le journal, qui avance que ces réquisitions «toucheraient un des volets de la tentaculaire affaire Bettencourt instruite à Bordeaux».

Patrice de Maistre, l'intermédiaire

Le parquet de Bordeaux n'a pas souhaité mardi soir confirmer ces affirmations. «Je ne confirme ni n'infirme», a déclaré de son côté François Logerot, le président de CNCCFP, joint par l'AFP. Il a renvoyé vers le tribunal de grande instance de Bordeaux. Le dossier Bettencourt transmis au TGI de Bordeaux le 17 novembre 2010 comporte un volet d'instruction concernant un possible financement illicite de partis politiques, ouvert notamment à la suite des déclarations de Claire Thibout, l'ancienne comptable des Bettencourt.

Celle-ci avait affirmé à la police lorsque le dossier était encore à Nanterre, puis réaffirmé le 14 septembre au juge bordelais Jean-Michel Gentil, avoir remis 50.000 euros en espèces à l'ancien homme de confiance de l'héritière de l'Oréal Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, qui lui avait laissé entendre qu'il les remettrait le lendemain à l'ancien ministre et ancien trésorier de l'UMP, Eric Woerth, pour la campagne de Sarkozy.

Le 20 septembre, le juge avait entendu pendant deux heures sa collègue juge d'instruction à Nanterre Isabelle Prévost-Desprez, qui avait fait sensation dans un livre publié fin août, Sarko m'a tuer, en affirmant connaître deux personnes qui auraient vu Nicolas Sarkozy en personne toucher de l'argent liquide pour sa campagne au domicile des Bettencourt. Mais ces affirmations n'ont pas été confirmées.

Abus de faiblesse aux dépens de Liliane Bettencourt?

Interrogé mardi soir par l'AFP, l'avocat parisien d'Eric Woerth, Me Jean-Yves Le Borgne, a indiqué ne pas être au courant de la demande évoquée par Sud Ouest. «Mais ça ne me surprend pas, et me bouleverse encore moins», a-t-il dit. «Quand on aura analysé ces comptes, on s'apercevra qu'il n'y a sans doute pas grand-chose à chercher», et «c'est bien qu'on le fasse», a-t-il assuré. «Nous voyons cette investigation avec une complète sérénité», a-t-il conclu.

L'instruction du dossier Bettencourt a connu une brutale accélération en décembre avec les premières mises en examen, près d'un an jour pour jour après la saisine des juges d'instruction, dans le volet concernant les possibles abus de faiblesse commis aux dépens de Liliane Bettencourt, âgée de 89 ans, depuis septembre 2006 par son entourage. Le photographe François-Marie Banier, destinataire au fil du temps de la part de Liliane Bettencourt de près d'un milliard d'euros en dons divers ou bénéfice d'assurance-vie, dont une partie depuis fin 2006, a été mis en examen le 14 décembre tout comme son compagnon, Martin d'Orgeval.

Le lendemain, Patrice de Maistre a à son tour été mis en examen, notamment pour abus de faiblesse et blanchiment. Banier a payé 10 millions d'euros de caution pour pouvoir demeurer libre après sa mise en examen, et Patrice de Maistre 2 millions d'euros.