Qui portera les couleurs de l'UMP aux législatives à Paris?

POLITIQUE Le point alors que la commission d'investiture a lieu ce mercredi soir…

Alexandre Sulzer

— 

La tactique guerrière de Rachida Dati pour briguer la même circonscription législative que François Fillon à Paris commence à agacer à l'UMP où plusieurs responsables ont lancé une contre-offensive pour dire "stop" au spectacle d'une droite parisienne qui se déchire, face à un risque de propagation.
La tactique guerrière de Rachida Dati pour briguer la même circonscription législative que François Fillon à Paris commence à agacer à l'UMP où plusieurs responsables ont lancé une contre-offensive pour dire "stop" au spectacle d'une droite parisienne qui se déchire, face à un risque de propagation. — Jean-Francois Monier afp.com

Mercredi soir, une commission d’investiture doit décider qui portera les couleurs de l’UMP aux législatives à Paris. 24 heures avant, tout n’est pas réglé. Petit point sur les dernières informations.

-La circonscription la plus regardée est évidemment la deuxième où la candidature de François Fillon est acquise. Mais Rachida Dati ne veut pas lâcher prise. Elle menace toujours d’aller au combat en dissidente. La candidature dans la 12e circonscription serait une porte de sortie acceptable pour elle car elle est à cheval sur le 7e arrondissement dont elle est le maire. Mais le député sortant et président de la fédération UMP de Paris, le filloniste Philippe Goujon, ne l’entend pas de cette oreille.  Une rumeur dit qu’il pourrait finalement se présenter dans la 13e circonscription, qui recouvre une partie du 15e arrondissement  dont il est maire, en lieu et place de son ami Jean-François Lamour. Lequel se présenterait aux Français de l’étranger ou ne se représenterait pas aux législatives. Quoi qu’il en soit, la commission d’investiture mercredi devrait valider les candidatures de Fillon, Goujon et Lamour, quitte à poursuivre les discussions jusqu’au conseil national du 28 janvier. «A Nicolas Sarkozy de trouver une porte de sortie pour Dati», glisse un membre de la commission d’investiture.

-Autre circonscription problématique: la 4e. La députée sortante Françoise de Panafieu ne se représente pas et souhaiterait voir Brigitte Kuster, la maire du 17e arrondissement, se présenter. Mais l’investiture semble acquise à Bernard Debré, député sortant de la 15e circonscription, que la modification de la carte électorale a fait disparaître de l’Ouest parisien. «Ma candidature a été validée par le président de la République», assure celui-ci, serein. «Le message envoyé par l’UMP serait catastrophique à l’heure où l’on prêche le rajeunissement et la féminisation», attaque Brigitte Kuster qui menace elle aussi de se présenter en dissidente.  «Je suis déterminée à y aller quoi qu’il arrive.»

-Aucune femme éligible. Si la non-investiture de Rachida Dati et de Brigitte Kuster se confirme, aucune femme ne se présentera dans une circonscription facilement gagnable par la droite. Roxanne Decorte veut croire à ses chances dans le 18e arrondissement mais le combat sera difficile. Idem pour Nathalie Fanfant dans la 15e circonscription. « C’est d’autant plus dommage que deux députés sortantes ne se représentent pas, Françoise de Panafieu et Martine Aurillac, et qu’elles ne seront pas remplacées par des femmes», note Brigitte Kuster. «On ne va pas demander à François Fillon ou Bernard Debré de se transformer en femme!», s’exclame un membre de la commission d’investiture.

-Place aux jeunes. Le chef des jeunes Pop, Benjamin Lancar, est investi dans la5e circonscription, et le conseiller de Paris Pierre-Yves Bournazel dans la 18e. Des territoires marqués fortement à gauche.

-Incertitudes dans deux autres circonscriptions. Dans la 11e, l'UMP doit choisir entre Marie-Claire Carrère-Gée, ancienne conseillère sociale de Jacques Chirac à l'Elysée et Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e arrondissement. Il s’agit de la seule circonscription pour laquelle la commission d’investiture pourrait décider d’effectuer un sondage avant de se décider. Dans la 12e circonscription, des «discussions» ont encore lieu pour savoir s’il faut investir Charles Beigbeder ou plutôt une femme, Valérie Montandon, conseillère UMP de Paris, ou Corinne Atlan Tapiero, conseillère d’arrondissement. De toute façon, aucune des deux circonscriptions n’est a priori gagnable pour l’UMP.