Le site Web de Patrick Devedjian piraté par des hackers turcs

PIRATAGE L'attaque fait suite au vote par les députés de la loi condamnant la négation du génocide arménien...

Nicolas Bégasse

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Capture d'écran du site piraté de Patrick Devedjian, le 3 janvier 2012.
Capture d'écran du site piraté de Patrick Devedjian, le 3 janvier 2012. — 20MINUTES.FR

Après celui de la députée des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer, c’est au tour du site Web de Patrick Devedjian d’être attaqué par ce qui apparaît être un groupe de hackers turcs. Mardi, le site patrickdevedjian.fr affichait, en lieu et place de la page d’accueil du site du député des Hauts-de-Seine, un message en turc et en (mauvais) anglais sur fond de drapeau turc. Sous le message, les portraits barrés de Patrick Devedjian, Nicolas Sarkozy et Valérie Boyer appelés «Les Misérables» (en français dans le texte). Le message est signé «Akincilar», du nom d’un groupe de hackers turcs.

Mardi après-midi, le site ne renvoyait plus que vers une erreur «403 access forbidden». Cette attaque fait suite à celle, survenue le 26 décembre et corrigée au bout de quelques jours, du site de Valérie Boyer. Affichant le même type de message, ce piratage avait été revendiqué par Grayhatz, groupe de hackers lié à Akincilar.

Même mobile

Le mobile des deux piratages est le même: l’adoption par l’Assemblée nationale le jeudi 19 décembre d’une loi condamnant la négation du génocide arménien. Un génocide que ne reconnaît ni la Turquie, ni les hackers turcs, qualifiés fin décembre par le correspondant du Monde en Turquie de «bons petits soldats du cybernationalisme».

Dans son message publié sur le site de Patrick Devedjian, député d’origine arménienne et farouche défenseur de la loi en question, les hackers reprochent à la France de ne pas respecter la liberté d’expression et de tordre l’Histoire à des fins électorales.

Contactée par 20 Minutes, l’Assemblée nationale a répété ce qu’elle avait déjà affirmé le 26 décembre: les sites des députés sont hautement sécurisés. Akincilar, eux, avaient lancé cet avertissement le 24 décembre: «Nous allons pirater tous les sites web des députés français.»