Affaire Karachi: Vives réactions dans l'opposition après les révélations de «Libération»

ENQUÊTE e porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon a réagi ce lundi, comme de nombreux politiques, aux révélations du quotidien...

Nicolas Bégasse

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Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, le 16 août 2011, à Paris.
Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, le 16 août 2011, à Paris. — REVELLI-BEAUMONT / SIPA

Les réactions politiques se sont multipliées ce lundi après les révélations de Libération, selon lesquelles Nicolas Sarkozy était au courant du versement de commissions en marge de la signature d'un contrat d'armement entre la France et le Pakistan à l'époque où il était ministre du Budget, en 1994.

Pour le PS, «le plus haut niveau de l'Etat était au courant, Sarkozy en tête»

«Sur des dossiers comme ceux-là, évidemment, le ministre de l'époque ne pouvait pas ne pas être au courant», a estimé Benoît Hamon sur France Inter, insistant: «A l’évidence, le plus haut niveau de l’Etat était informé de ce type de dossier. (…) Nicolas Sarkozy en tête.» Sur France 2, Manuel Valls a appuyé: «Il est temps que le Président, je l'exige, s'explique sur cette affaire d'Etat». Le responsable de la communication de François Hollande sur France 2 a également parlé d’un «besoin criant de vérité». Bernard Cazeneuve a quant à lui estimé dans un communiqué que «le secret de la défense nationale doit être levé sur l'ensemble des documents relatifs à ces contrats». Cazeneuve, qui est l'un des porte-parole de François Hollande, a ajouté: «Nous demandons (...) que les rôles joués par le Premier ministre de l'époque, Edouard Balladur, son ministre de la Défense, François Léotard, et son ministre du Budget, Nicolas Sarkozy, soient enfin précisés».

Sur RMC et BFM-TV, Michel Sapin a jugé que «Nicolas Sarkozy ne peut pas nous dire: Je ne savais pas». «Il aura sûrement des explications à donner», a estimé le responsable du programme de François Hollande, précisant qu’il n’avait «pas pour [sa] part à lancer d’injonction». Après avoir estimé sur RTL que Nicolas Sarkozy était «probablement au courant» du versement de commissions, Pierre Moscovici s’est interrogé: «Etait-il au courant de rétrocommissions?» Le directeur de campagne du candidat socialiste a ajouté: «Il faudra bien qu'un jour, et Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy s'expliquent sur le financement de cette étrange campagne ou l'étrange financement de cette campagne.» Enfin, le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis a jugé que «Plus tôt Nicolas Sarkozy s’exprimera, mieux cela vaudra pour lui, nous et l’élection présidentielle».

Le FN dénonce un «système Sarkozy»

Par la voix de Wallerand de Saint-Just, le Front national réagit dans un communiqué, dénonçant un «système Sarkozy» qui «mêle conflits d’intérêt, corruption et malversations: les Français sont en droit d’en connaître tous les aboutissants, avant de le faire tomber dans les urnes en avril prochain.»

Eva Joly veut que Sarkozy soit «entendu par la justice»

«Depuis le début du quinquennat de M. Sarkozy , tout a été fait pour étouffer l'affaire», a réagi la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts dans un communiqué, estimant qu'il «est désormais nécessaire et inéluctable [que Nicolas Sarkozy] soit entendu par la justice». Eva Joly ajoute: «Nous devons en finir avec le climat de corruption et d’indignité qui pèse sur une partie de la classe politique, de droite comme de gauche.»

L'UMP souligne la bonne volonté du gouvernement

Invité de i-Télé, le ministre de l’Education a rappelé que, sur l’affaire Karachi, «à chaque fois que le gouvernement était sollicité pour fournir des informations à la justice, il l'a fait. Donc nous jouons la transparence». Luc Chatel a appelé à laisser «l’enquête judiciaire aller à son terme», ajoutant: «Attendons les faits, et non pas de supposées révélations.» Même discours de la part de Nathalie Kosciusko-Morizet: sur France Inter, la ministre de l’Ecologie a affirmé que «le gouvernement a systématiquement déclassifié les documents» pour «aider la justice à faire son travail». Enfin, dans un communiqué, la déléguée générale adjointe de l'UMP Valérie Rosso-Debord a souhaité «dénoncer avec solennité l'instrumentalisation faite par le journal Libération sur l’affaire Karachi».

>>Retrouvez par ici notre diaporama de l'affaire Karachi