Législatives 2012: Vives réactions dans l'opposition après la candidature de Guéant

POLITIQUE Le «parachutage» du ministre dans les Hauts-de-Seine est dénoncé...

C.C. avec Reuters
— 
François Bayrou, président du MoDem, candidat à l'élection présidentielle, lors d'une visite du musée de la Mine à Petite-Rosselle (Moselle), le 21 décembre 2011.
François Bayrou, président du MoDem, candidat à l'élection présidentielle, lors d'une visite du musée de la Mine à Petite-Rosselle (Moselle), le 21 décembre 2011. — CHAMUSSY/SIPA

La candidature de Claude Guéant aux législatives 2012 dans les Hauts-de-Seine ne plaît pas à tout le monde, surtout dans l’opposition.

Le président du MoDem, François Bayrou, a ainsi dénoncé ce vendredi le «parachutage» du ministre de l'Intérieur à Boulogne-Billancourt, qui est un fief de l'UMP. Pour François Bayrou, «la stratégie de ces partis provisoirement dominants qui profitent de leur puissance supposée pour aller parachuter des candidats qui n'ont aucun lien avec le terrain qu'ils représenteront, ce n'est pas ce qu'il faut faire». «Je pense que la démocratie française mérite mieux», a ajouté le candidat centriste à la présidentielle. «Elle mérite qu'il y ait une vraie implantation des futurs élus auprès de ceux de leurs concitoyens qu'ils représenteront», a-t-il insisté.

«Mauvaise pioche pour Boulogne!»

Sur Twitter, les socialistes Manuel Valls et Jean-Jacques Urvoas ont eux choisi l’ironie mordante. «Guéant dans le 92, l'homme de Pasqua, des basses oeuvres de Sarkozy et au bilan cata sur la sécurité. Mauvaise pioche pour Boulogne!», lance le maire d’Evry tandis que le député du Finistère s’amuse: «Guéant à Boulogne. Encore un courageux! Après Fillon dans le 7e arrondissement (de Paris), Lefebvre dans la circonscription Amérique du Nord. #quedeswinners».

L'ancien ministre socialiste de l'Intérieur, Daniel Vaillant, a pour sa part  estimé sur BFM TV que la candidature de Claude Guéant dans une circonscription  acquise à la droite et donc a priori sans risque relevait du «pantouflage  électoral». Pour lui, cela indique que le ministre «se prépare à un repli  parlementaire» et ne sera plus au gouvernement. «S'il doit être élu à Boulogne-Billancourt, ce que je ne souhaite pas, ça lui  fera du bien, ça lui montrera qu'être responsable devant les citoyens  c'est autre chose qu'être nommé comme haut fonctionnaire ministre de  l'Intérieur, comme il l'a été», a ajouté le dirigeant socialiste.

"A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire", a lancé ce vendredi le socialiste André Vallini. Quant à  Patrick Menucci, il a regretté dans un tweet que Claude Guéant ne tente pas  l'exploit électoral à Marseille. "Ca aurait été plus classe qu'à  Boulogne, il aurait pu y vérifier son action en matière de sécurité", rapporte l'AFP.

Dans un communiqué diffusé jeudi, le ministre de l'Intérieur, qui n'a jamais, jusqu'ici, sollicité les suffrages d'électeurs, assure que Boulogne-Billancourt est la ville où il a vécu le plus longtemps en tant qu'adulte. Claude Guéant rappelle qu'il y a vécu cinq ans quand il était secrétaire général de la préfecture des Hauts-de-Seine, département d'Ile-de-France qui a également été le fief électoral de Nicolas Sarkozy.

«Un vrai pari» selon Karoutchi

Un vécu confirmé par Roger Karoutchi sur RTL. Pour le secrétaire départemental de l'UMP dans les Hauts-de-Seine, Claude Guéant «connaît parfaitement le terrain» parce qu’«il y a habité très longtemps». «C'est bien que quelqu'un comme lui se dise qu'il n'a jamais eu l'onction du suffrage universel. C'est un vrai pari», a-t-il ajouté.

Pierre-Christophe Baguet, qui va laisser sa place au ministre, a assuré sur Europe 1 qu'il avait décidé de son propre chef de renoncer à se faire réélire à l'Assemblée nationale après trois mandats de député, tout en admettant avoir envisagé initialement de ne se retirer qu'en 2017 et non en 2012.

Baguet veut se concentrer sur sa ville

Il a dit être allé voir le ministre de l'Intérieur dans son bureau pour lui proposer son siège afin de pouvoir mieux se consacrer à ses fonctions de maire de Boulogne-Billancourt, ville qui approche les 120.000 habitants.

«Je lui ai dit, ‘Claude, j'ai vu que tu cherchais une circonscription, je connais tes attaches avec Boulogne-Billancourt, je n'envisageais pas de me représenter en 2017, donc j'anticipe mon retrait de la députation pour me consacrer davantage aux Boulonnais’», a-t-il expliqué. Sa circonscription paraît acquise à la droite: il y a été élu à chaque fois avec plus de 60% des voix.