Dominique de Villepin fustige un «président hémiplégique»

POLITIQUE Dans le même temps, l'ancien Premier ministre dit avoir pardonné à Nicolas Sarkozy...

Avec agences

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Dominique de Villepin, le 11 décembre 2011, sur le plateau de TF1.
Dominique de Villepin, le 11 décembre 2011, sur le plateau de TF1. — T.SAMSON / AFP

Insubmersible. Se revendiquant en candidat «au-dessus des partis», Dominique de Villepin s'est dit déterminé dimanche à aller «jusqu'au bout» dans la course à l'Elysée, et nié que «les attaques» subies sur le plan judiciaire aient pu peser dans sa décision de concourir.

Une candidature de devoir

Invité du «Grand rendez-vous» Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, fondateur de République solidaire (RS), a expliqué que sa déclaration de candidature, le 11 décembre, a été motivée par «le devoir», «la volonté de servir», et de s'opposer à «la République des partis» qui dicteraient leur choix aux électeurs.

«Ce n'est pas à l'UMP de choisir le président de la République, ce n'est pas au Parti socialiste, pas plus qu'au MoDem ou au Front national, c'est aux Françaises et aux Français ! Je ne veux pas que cette élection présidentielle soit kidnappée par les partis politiques», a-t-il déclaré.

Sans le nommer, il s'en est pris à Nicolas Sarkozy. «Nous avons aujourd'hui, il le revendique, un président de droite. La France ne peut pas vivre avec un président hémiplégique qui représente une seule partie des Français», a-t-il dit, appelant de ses voeux «un président arbitre», «qui rassemble».

 Malgré ce tacle, l'ancien Premier ministre a assuré avoir tourné la page de son vif conflit avec le chef de l'Etat dans l'affaire Clearstream, pour laquelle il a été blanchi deux fois.

 «J'ai pardonné à Nicolas Sarkozy»

«J'ai tourné la page, j'ai pardonné à Nicolas Sarkozy», a-t-il dit. «Il n'y a dans ma démarche aucune forme de différend avec Nicolas Sarkozy

 Interrogé sur François Hollande (PS), de Villepin s'est dit «inquiet» d'«un projet socialiste» qui est à ses yeux «très largement un projet de retour en arrière», sur «les retraites, le nucléaire, la formation des enseignants ou la gestion de l'Etat».

A la question de savoir si «les attaques» de Robert Bourgi (sur la remise de fonds africains occultes) ou sur l'affaire des Relais et Châteaux avaient joué dans sa candidature, il a répondu : «non, ça ne pèse en rien». «Que les attaques se soient multipliées tout au long des dernières années nous le savons bien et nous savons également comment ces attaques terminent (allusion à sa relaxe dans l'affaire Clearstream, ndlr), donc je ne suis pas dupe de tout ce qui a été fait pour me dissuader d'être candidat».

A propos des parrainages d'élus, de Villepin a rappelé avoir écrit à tous les maires de France et affiché sa confiance.

Une mobilisation déjà «forte» et «rapide»

«J'ai parfaitement confiance dans la capacité que nous avons, au cours des prochaines semaines, de rassembler plus de 500 signatures et de mobiliser les moyens nécessaires pour une campagne», a-t-il affirmé, décrivant une mobilisation déjà «forte» et «rapide».

Dans cette campagne vous ferez du 24 heures sur 24 pour exister et aller jusqu'au bout ? lui a-t-on encore demandé. «Allez jusqu'au bout c'est l'évidence!», a répliqué Dominique de Villepin.