Génocide arménien: La Turquie exhorte Paris à revenir sur cette loi «inacceptable»

DIPLOMATIE Alors qu'un texte sur la condamnation de la négation du génocide sera étudié jeudi en France, le Quai d'Orsay a tenu à rappeler «que la Turquie est pour la France un pays ami et allié»...

Enora Ollivier, avec AFP

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Le président turc Abdullah Gül lors d'une conférence à Vienne, le 9 décembre 2011.
Le président turc Abdullah Gül lors d'une conférence à Vienne, le 9 décembre 2011. — Herwig Prammer/ REUTERS

Les relations diplomatiques entre la France et la Turquie sont en train de battre de l’aile, à deux jours de l’examen à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi condamnant la négation du génocide arménien

Dans un communiqué diffusé ce mardi, le président turc Abdullah Gül exhorte ainsi Paris à renoncer à cette loi qu’il juge «inacceptable». «Il n'est pas question pour nous d'accepter cette proposition de loi», écrit le dirigeant, qui estime que le texte «dénie le droit de rejeter des accusations infondées et injustes contre notre pays et notre nation».

«Intérêts communs suffisamment forts pour surmonter les épreuves»

Vendredi dernier, c’est le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan qui était monté au front, en adressant une lettre à Nicolas Sarkozy. Il y menaçait la France de «graves conséquences» sur «les relations politiques, économiques, culturelles» entre les deux pays.

Alain Juppé a répondu ce mardi, lui aussi par voie de communiqué, après avoir reçu une mission parlementaire turque. Le ministre des Affaires étrangères «a rappelé à ses interlocuteurs que la Turquie est pour la France un pays ami et allié, avec lequel il s’emploie depuis toujours à entretenir le dialogue». «Nos intérêts stratégiques communs (…), nos coopérations culturelles et économiques, sont suffisamment forts pour surmonter les épreuves que peuvent traverser nos relations», poursuit le Quai d’Orsay. 

La proposition de loi étudiée jeudi prévoit un an de prison et 45.000 euros d'amende en cas de négation d'un génocide reconnu par la loi. Paris a admis en 2001 l'existence d'un génocide d'Arméniens entre 1915 et 1917 ayant fait 1,5 million de morts. En revanche, si la Turquie reconnaît que jusqu'à 500.000 personnes sont mortes lors de cette période, elle considère que ce sont des victimes des aléas de la Première guerre mondiale et non d'un génocide.