Guéant sur DSK: Le point sur la polémique

POLITIQUE Le ministre de l'Intérieur a évoqué dans la presse une interpellation de l'ex-directeur du FMI au Bois de Boulogne en 2006...

Corentin Chauvel avec agences

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Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, le 2 décembre 2011, au ministère de l'Intérieur, à Paris.
Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, le 2 décembre 2011, au ministère de l'Intérieur, à Paris. — G.FUENTES / REUTERS

Le contrôle policier de Dominique Strauss-Kahn au bois de Boulogne en 2006, dont l'existence a été confirmée par le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a suscité ce lundi des interrogations et des réactions en chaîne. 20 Minutes fait le point sur cette nouvelle polémique.

Quel est le point de départ de l’affaire?
Une simple réponse de Claude Guéant à une question du Journal du Dimanche du week-end dernier évoquant une interpellation de DSK au bois de Boulogne en décembre 2006. Le ministre de l’Intérieur répond qu’il en a «entendu parler». «Mais, il n’y a aucune procédure à ce sujet. Il n’était pas tombé dans un guet-apens de la police! Il n’était pas suivi. Ce n’est quand même pas la faute de la police s’il était là-bas ce soir-là!», ajoute-t-il.

Quelle est l’origine de cette rumeur?
Peu après l’arrestation de DSK à New York, en mai dernier, Le Monde avait publié un article expliquant que l’Elysée connaissait parfaitement la vie privée de l’ex-directeur du FMI, notamment ses frasques. Les auteurs évoquent notamment cette note policière révélée au quotidien en 2007 par des proches de Nicolas Sarkozy: «Quelques lignes signalant la présence de M. Strauss-Kahn, surpris en fâcheuse posture dans une voiture, à l'ouest de Paris, dans un haut lieu des rencontres tarifées, à l'occasion d'un banal contrôle.»

Quelle avait été la réponse des autorités?
En mai dernier, le directeur adjoint de cabinet de Claude Guéant, Alain Gardère, avait alors déclaré au Monde: «Aucun compte rendu administratif concernant la vie privée de Dominique Strauss-Kahn n'existe (...) Je veux donc réfuter avec force les insinuations ou accusations calomnieuses d'oeuvres de basse police qui discréditent sans fondement la police nationale». Selon le quotidien, «trois sources différentes ont pourtant assuré au Monde que ce rapport avait existé, et qu'il avait été porté à la connaissance de l'entourage de M. Sarkozy. Selon l'une de ces sources, l'originale de cette note a été passé au broyeur.»

Qu’est-il reproché à Claude Guéant?
Le ministre de l’Intérieur est accusé, principalement par le Parti socialiste, de conduire une entreprise de déstabilisation de l'opposition. «En quoi DSK est-il encore un danger pour le pouvoir? Pourquoi veut-on en rajouter et en rajouter encore? De quel secret DSK est-il dépositaire qui menacerait le pouvoir? Claude Guéant en fait trop! Cela finit par être suspect», s'est interrogé le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis dimanche. «Cet espèce d'acharnement lamentable (...) montre que cette droite est prête à tout, à tous les discrédits. Nous rendrons coup pour coup, mais nous ne tomberons pas dans cette fosse à purin», a déclaré ce lundi Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande. «Est-ce que le ministre de l'Intérieur, qui fait une interview écrite, donc relue, peut se permettre de mettre sur la place publique l'ensemble des contrôles de police de tout citoyen? Je ne le crois pas», a renchéri Hervé Morin (Nouveau Centre) sur I-Télé.

Qu’en pense l’entourage de DSK?
Sur le fond, l'entourage de Dominique Strauss-Kahn parle d'un contrôle de police de routine et nie implicitement tout lien avec des prostituées. «A l'époque, Dominique Strauss-Kahn habitait près du Bois de Boulogne. Un soir, en rentrant chez lui, il a fait l'objet d'un contrôle de routine, et rien de plus», avait répliqué dimanche son avocat, Richard Malka. «D'ailleurs, en 15 ans de résidence là-bas, il s'est fait contrôler à plusieurs reprises, y compris en compagnie de sa femme», la journaliste Anne Sinclair, a-t-il déclaré à l'AFP.

Que répond Claude Guéant à la polémique?
«Je n'ai pas évoqué de mon propre chef cette affaire. J'ai été interrogé par un de vos confrères, j'ai répondu et puis je n'ai rien à ajouter», a simplement déclaré ce lundi à l’AFP le ministre de l’Intérieur.