Hollande: «Je trouve plus de compromis avec le SPD que Sarkozy avec Merkel»

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Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, a déclaré vendredi à l'AFP que pour le candidat PS à la présidentielle, la gauche ne devait pas "ranimer des relents anti-allemands", en référence aux débats actuels autour de la zone euro.
Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, a déclaré vendredi à l'AFP que pour le candidat PS à la présidentielle, la gauche ne devait pas "ranimer des relents anti-allemands", en référence aux débats actuels autour de la zone euro. — Fred Dufour afp.com

Le candidat PS à l'Elysée, François Hollande, invité d'honneur lundi du congrès du SPD à Berlin, a déclaré qu'il trouvait plus de «compromis» avec les sociaux-démocrates allemands que le président Nicolas Sarkozy avec la chancelière allemande Angela Merkel. «J'ai plus de facilité à trouver des compromis avec mes amis du SPD que Nicolas Sarkozy a pu en trouver jusque-là avec Mme Merkel», a déclaré M. Hollande, qui va s'exprimer devant le congrès du SPD dans la matinée, quelques heures avant la rencontre Sarkozy/Merkel à Paris.

«Il ne sera jamais possible avant longtemps de demander aux dirigeants allemands à renoncer aux principes d'indépendance de la BCE», a souligné M. Hollande, ajoutant cependant avoir senti une «ouverture» chez ses homologues du SPD «sur les principes d'une intervention plus puissante». «Sur les eurobonds, nos amis sociaux-démocrates sont aujourd'hui très ouverts par rapport à cette techique et cette mutualisation des dettes tout en veillant à ce que cela soit compatible avec les traités», a ajouté M. Hollande, alors qu'Angela Merkel s'oppose aux obligations européennes.

Polémique balayée

Le candidat PS à l'Elysée a balayé la polémique sur un retour supposé de la «germanophobie» en France: «Aucun de nos amis allemands ne nous a posé cette question. Je leur ai demandé: vous avez entendu parler de propos germanophobes? Ils ont vu une brève». M. Hollande a ensuite cité l'ex-chancelier Helmut Schmidt, 92 ans, qui s'est exprimé devant le congrès du SPD: «Attention, ne pensez pas que votre force économique vous permette et vous autorise à diriger l'Europe seul. Il leur a fait un second avertissement: attention aux risques d'isolement de l'Allemagne».

"Ce sont des avertissements qui ne sont pas germanophobes mais au contraire d'une très grande lucidité," a commenté M. Hollande. "Nous ne pourrons pas laisser les Allemands seuls s'ériger en sages parfois en juges".