Billet du «Point»: Joly dénonce une «attaque raciste», Giesbert lui répond

POLEMIQUE La candidate EELV à la présidentielle dénonce un racisme ordinaire. En réaction, le patron du «Point» parle lui de «dictature du politiquement correct»...

N. Bu. (avec AFP)

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La candidate EELV à la présidentielle, Eva Joly, a critiqué dimanche le billet publié dans Le Point par Patrick Besson, dans lequel le journaliste se moque de son accent, estimant qu'il constituait une "attaque raciste", "symptomatique de l'état de la France".
La candidate EELV à la présidentielle, Eva Joly, a critiqué dimanche le billet publié dans Le Point par Patrick Besson, dans lequel le journaliste se moque de son accent, estimant qu'il constituait une "attaque raciste", "symptomatique de l'état de la France". — Thierry Zoccolan afp.com

La candidate EELV à la présidentielle, Eva Joly, a critiqué dimanche le billet publié dans Le Point par Patrick Besson, dans lequel le journaliste se moque de son accent, estimant qu'il constituait une «attaque raciste», «symptomatique de l'état de la France». Le patron de l'hebdomadaire, Franz-Olivier Giesbert, lui a répondu dimanche soir, pour défendre le billet d'humeur de son journaliste et évoquer des réactions «affligeantes».

«C'est une attaque raciste, une forme d'ostracisme», a dénoncé la candidate écologiste à l'occasion d'une visite au Salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil (Seine-Saint-Denis). «Il pense que ça ne porte pas à conséquence parce qu'il s'agit d'une personne d'origine norvégienne, qu'il affuble d'un accent allemand, et non d'une personne originaire d'Afrique ou du Maghreb», a ajouté Eva Joly, accompagnée de la maire de Montreuil et ex-candidate à la présidentielle Dominique Voynet.

Pas de poursuites

L'ancienne magistrate a toutefois exclu d'engager des poursuites contre l'auteur et son billet. «J'estime que le débat doit avoir lieu sur la place publique, pas devant les tribunaux», a-t-elle expliqué.

Publié cette semaine dans Le Point, le texte, rédigé par l'écrivain et journaliste Patrick Besson, prend le point de vue d'une Eva Joly devenue présidente en mai 2012 après les décès accidentels de tous les autres candidats. Le billet s'en prend à la candidate écologiste et à ses propositions, moquant l'accent de l'ex-magistrate, d'origine norvégienne. «Zalut la Vranze!», lui fait-il notamment dire, avant de menacer de «mèdre en examen et égrouer doute intifitu qui sélèfera gontre la falitité du scrudin».

«Il s'agit d'un racisme ordinaire, qui vise à reléguer hors des sphères du pouvoir tous ceux qui ne sont pas nés dans les bons quartiers, dans les bons territoires«, a estimé Eva Joly, assurant «ressentir ce que vivent des millions de Français».

«C'est ce que font toute la semaine Gerra et Canteloup»

En réponse à ces propos, le patron du Point, Franz-Olivier Giesbert, a dénoncé dimanche soir «la dictature du politiquement correct». «C'est de l'humour, Besson s'est contenté de mettre par écrit ce qu'on entend à la radio», a-t-il expliqué, reconnaissant toutefois qu'il s'attendait «bien à ce que ça remue un peu, mais pas à cette tempête médiatique dans un verre d'eau.» Et le patron du Point de poursuivre: «Franchement, ces gens n'écoutent pas la radio: c'est ce que font toute la semaine (Laurent) Gerra ou (Nicolas) Canteloup».

Les réactions sont assez «comiques», estime Franz-Olivier Giesbert, qui conclut: «Dans la littérature, classique comme contemporaine, ou au cinéma, on fait souvent parler les gens avec un accent. Ceux qui montent sur leurs grands chevaux aujourd'hui n'ont vraiment rien à faire.»