Guéant confirme une rumeur sur DSK et alimente les polémiques

POLEMIQUE Les propos du ministre de l'Intérieur sur un contrôle de l'ancien directeur du FMI au bois de Boulogne, en 2006, ont mis le feu aux poudres...

(Avec AFP)

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Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, l'un des hommes les plus proches de Nicolas Sarkozy, alimentait dimanche les polémiques autour de Dominique Strauss-Kahn, en révélant que l'ex-patron du FMI avait été interpellé en 2006 dans un haut-lieu de la prostitution à Paris.
Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, l'un des hommes les plus proches de Nicolas Sarkozy, alimentait dimanche les polémiques autour de Dominique Strauss-Kahn, en révélant que l'ex-patron du FMI avait été interpellé en 2006 dans un haut-lieu de la prostitution à Paris. — Mandel Ngan afp.com

Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, l'un des hommes les plus proches de Nicolas Sarkozy, alimentait dimanche les polémiques autour de Dominique Strauss-Kahn, en révélant que l'ex-patron du FMI avait été interpellé en 2006 dans un haut-lieu de la prostitution à Paris.

Claude Guéant qui, par ses fonctions successives dans l'administration et au gouvernement, est l'un des meilleurs connaisseurs en France des grands et petits secrets de la police, a confirmé dans une interview au Journal du Dimanche une rumeur qui courait Paris depuis des mois.

«Oui, j'ai entendu parler de cette histoire au cours de laquelle monsieur Strauss-Kahn avait été contrôlé au bois de Boulogne par les fonctionnaires en charge de la surveillance de cet endroit lors d'un contrôle de routine», déclare-t-il. «Mais il n'y a aucune procédure à ce sujet. Il n'était pas tombé dans un guet-apens de la police! Il n'était pas suivi. Ce n'est quand même pas la faute de la police s'il était là-bas ce soir-là!», ajoute-t-il.

Vaste espace vert jouxtant les quartiers chics de l'ouest de Paris, le bois de Boulogne est aussi un lieu bien connu où exercent chaque nuit des dizaines de prostituées et travestis.

«Guéant en fait trop! Cela finit par être suspect»

«A l'époque, Dominique Strauss-Kahn habitait sur le Bois de Boulogne. Un soir, en rentrant chez lui, il a fait l'objet d'un contrôle de routine, et rien de plus», a répliqué son avocat, Richard Malka. «D'ailleurs, en 15 ans de résidence là-bas, il s'est fait contrôler à plusieurs reprises, y compris en compagnie de sa femme», la journaliste Anne Sinclair, a-t-il déclaré à l'AFP.

Les proches de DSK se demandaient dimanche pour quelles raisons le ministre de l'Intérieur avait choisi de confirmer cette rumeur. L'ex-patron du FMI semble pour longtemps hors-jeu de la compétition politique française après sa mise en cause pour tentative de viol à New York. Et les révélations s'accumulent sur la vie sexuelle très libre qu'il pu mener.

«En quoi DSK est-il encore un danger pour le pouvoir? Que cherche-t-on? Pourquoi veut-on en rajouter et en rajouter encore? De quel secret DSK est-il dépositaire qui menacerait le pouvoir? Claude Guéant en fait trop! Cela finit par être suspect», s'est interrogé le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis.

«La prostitution, le proxénétisme, je les ai en horreur»

Libéré de toute charge pénale dans l'affaire du Sofitel de New York, DSK doit encore y affronter une procédure civile. En France, la justice a également renoncé à le poursuivre après des accusations de tentative de viol émanant d'une jeune journaliste, Tristane Banon.

Il demande cependant à être entendu par des juges de Lille (nord), car son nom a été cité dans une affaire de prostitution et de proxénétisme impliquant des chefs d'entreprises et des policiers qui, avec DSK, avaient pris part à des soirées libertines.

«La prostitution, le proxénétisme, je les ai en horreur», a-t-il déclaré récemment à son biographe, Michel Taubmann, ajoutant que «d'habitude, les participantes à ces soirées ne sont pas des prostituées».

La théorie du complot? Des «foutaises» pour Guéant

Dans son entretien au JDD, le ministre de l'Intérieur réfute également comme du «fantasme» ou des «foutaises» la théorie du complot, avancée par Michel Taubmann et le journaliste américain Edward Epstein. Ces derniers estiment que l'épisode de New York a pu être un piège tendu à DSK pour l'écarter de l'élection présidentielle française du printemps prochain, dont il était le favori.

DSK lui-même s'était démarqué de ces théories, en publiant jeudi un communiqué dans lequel il se disait nullement «engagé» par les écrits et les témoignages censés les corroborer.