Discours de Sarkozy à Toulon: «Le président promettait de mettre la finance au pas, aujourd'hui c'est la finance qui gouverne l'économie»

RÉACTIONS artine Aubry juge que le président «essaie d'autojustifier son échec», tandis que selon Marine Le Pen, il «se soumet aux desiderata allemands»...

E.O.

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Martine Aubry, première secrétaire du PS, déclare "sourire" aux critiques du président Nicolas Sarkozy contre les 35 heures "tant elles disputent l'insincérité à l'irresponsabilité", dans un entretien à paraître dans le Journal du Dimanche
Martine Aubry, première secrétaire du PS, déclare "sourire" aux critiques du président Nicolas Sarkozy contre les 35 heures "tant elles disputent l'insincérité à l'irresponsabilité", dans un entretien à paraître dans le Journal du Dimanche — Joel Saget afp.com

A gauche

Jean-Marc Ayrault a jugé dans un communiqué que «la maîtrise de notre destin, c’est Nicolas Sarkozy qui nous l’a fait perdre».  Selon le président du groupe PS à l’Assemblée, « c'est lui qui a abaissé la France financièrement, économiquement et socialement», «c'est lui qui a privé la France de sa souveraineté économique et financière». Le député-maire de Nantes insiste encore: «c'est lui qui a privé la France de la capacité de traiter d'égal à égal avec Mme Merkel et avec les autres puissances du monde. C'est lui qui a déclassé les Français.»

Martine Aubry, elle, a «vu beaucoup de renoncement» dans le discours de Nicolas Sarkozy. «Rappelons-nous le discours de Toulon, en 2008», a lancé la première secrétaire du PS sur Itélé : «Le président promettait de mettre la finance au pas, aujourd'hui c'est la finance qui gouverne l'économie, rien n'a été fait et il vient de lâcher devant Madame Merkel.» La candidate malheureuse à la primaire socialiste a vu «un candidat à la présidence de la République qui a essayé d'autojustifier son échec et de trouver des responsables ailleurs: ses prédécesseurs, les autres pays, la crise elle-même, voire les étrangers».

Jean-Luc Mélenchon a quant à lui jugé que le discours du Président n'était qu'«un disque rayé» d'un «homme perdu et dépassé par la situation». «C'était un discours totalement défensif» et un «spectacle déplorable de dissertations socio-économiques devant une foule excitée de réactionnaires» qui sont opposés aux 35 heures, à la retraite à 60 ans et «aux autres acquis sociaux»,a déploré auprès des journalistes le candidat du Front de gauche, avant le meeting qu'il donnait jeudi soir à Talence.

A droite

Jean-François Copé a salué le discours du chef de l’Etat. «L'essentiel du message du président est d'avoir expliqué aux Français que nous ne sommes pas simplement en train d'affronter une crise, aussi grave soit-elle, nous sommes en réalité en train de changer d'époque», a noté le secrétaire général de l’UMP. «Il faut inventer un nouveau modèle de croissance et c'est à cela que le président de la République propose qu'on réfléchisse», a-t-il poursuivi .

Pour Marine Le Pen, «ce qu'a dit Nicolas Sarkozy (jeudi), c'est que nous n'étions plus un peuple libre et qu'il allait faire en sorte que demain ce soit d'autres que nous qui décident de notre avenir». X «Comme il ne sait pas quoi faire, comme il n'a aucune vision, eh bien il se soumet en réalité aux desiderata allemands», a souligné la candidate du Front nationale, sur Itélé.

De son côté, Nicolas Dupont-Aignan, a qualifié le discours de Nicolas Sarkoy de «schizophrène»: «d’un côté, il y a des grands principes presque souverainistes et puis de l'autre une capitulation en rase campagne», a déclaré le président de Debout la République sur Itélé. «Il habille ses capitulations par des effets de manche très nationaux», a-t-il souligné, jugeant que «faire passer un abandon colossal de souveraineté (…) derrière des grands drapeaux tricolores» est «véritable imposture».