Affaire DSK: Le journaliste Edward Epstein demande à Accor de diffuser une preuve vidéo

STRAUSS-KAHN Après la publication d'informations corroborant l'hypothèse d'un piège tendu à l'ancien directeur du FMI...

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Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a nié dimanche tout "complot" contre Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire du Sofitel de New York et a dénoncé un "vrai fantasme", après une enquête d'un journaliste américain.
Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a nié dimanche tout "complot" contre Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire du Sofitel de New York et a dénoncé un "vrai fantasme", après une enquête d'un journaliste américain. — Richard Drew afp.com

Une preuve vidéo pour mettre tout le monde d'accord? Le journaliste américain Edward Epstein, qui a publié dans la presse américaine de nouvelles informations sur l'affaire DSK, a demandé dimanche au groupe Accor de diffuser les images montrant deux personnes se congratuler après avoir écouté le récit de Nafissatou Diallo, selon l'AFP.

Plus tôt dans la journée de dimanche, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, l'UMP et les hôtels Sofitel d'Accor avaient pris leurs distances avec les révélations du journaliste et vigoureusement nié qu'un «complot» ait été ourdi contre Dominique Strauss-Kahn à New York en mai, un journaliste américain affirmant qu'on a voulu nuire au favori de la présidentielle.

«On est en vrai fantasme!», s'est exclamé Claude Guéant. «J'ai lu l'article écrit par M. Epstein», a expliqué le ministre à l'émission Le Grand Rendez-vous Europe1/I-télé/Le Parisien: «Qu'est-ce qu'il remarque? Que DSK a égaré son téléphone. Ce n'est pas parce qu'il a égaré son téléphone qu'il y a complot».

Un article d'un journaliste américain qui dérange

Interrogé par l'AFP, Dominique Strauss-Kahn a répondu n'avoir «aucun commentaire à faire sur les articles de M. Epstein». Ce journaliste américain, enquêteur passionné par les grands scandales de l'histoire contemporaine, et qui dit avoir travaillé «cinq mois» sur l'affaire DSK, affirme que M. Strauss-Kahn avait été alerté le 14 mai au matin, par une amie travaillant à l'UMP, que son téléphone BlackBerry avait probablement été piraté, l'un de ses courriels privés ayant été lu au parti de Nicolas Sarkozy.

Le 14 mai dans l'après-midi à New York, sur la route qui le conduit à l'aéroport JFK, DSK avait appelé son épouse Anne Sinclair pour lui dire que «quelque chose de grave (était) arrivé». Plusieurs de ses proches ont affirmé samedi à l'AFP qu'il faisait alors référence à son BlackBerry perdu, dont il pensait qu'il avait été «piraté».

Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé a vivement réagi dimanche, dénonçant comme la veille, une «thèse du complot (...) grotesque» contre DSK. M. Copé a exclu toutefois une action en justice contre ces assertions.

«Zones d'ombres» plutôt que «complot»

Dans un entretien samedi à l'AFP, M. Epstein s'est refusé lui-même à parler de «complot politique», tout en se disant convaincu qu'on a voulu «faire capoter» la candidature du favori socialiste pour 2012.

M. Guéant a répondu que «si quelqu'un (...) estime qu'il y a complot, il n'a qu'à déposer une plainte auprès de la justice» pour que cessent «les suppositions et les rumeurs».

L'enquête du journaliste américain affirme également que le procureur de New York avait en main les enregistrements de vidéo-surveillance du Sofitel, dans lesquels on voit deux hommes se réjouir et se congratuler pendant trois minutes après avoir entendu la femme de chambre accuser DSK de l'avoir agressée sexuellement.

Des enregistrements téléphoniques

«En réalité, ces faits ont duré huit secondes, sans qu'aucune extraordinaire danse de fête n'ait pu être constatée», ont rétorqué les hôtels Sofitel, marque de luxe du groupe Accor, précisant dans un communiqué que «les deux employés interrogés ont catégoriquement nié que cet échange ait quelque lien que ce soit avec M. Strauss-Kahn».

Interrogé sur la présence éventuelle d'enquêteurs français au Sofitel new-yorkais le 14 mai, M. Guéant dit «assurer qu'il n'y avait pas de policiers français parmi ces deux personnes identifiées comme étant des membres du personnel» de l'hôtel.

Le 14 mai, le Sofitel avait prévenu le groupe Accor vers 21H45 GMT de l'arrestation une heure plus tôt de DSK à bord d'un avion d'Air France à New York. Accor avait alerté ensuite Ange Mancini, coordonnateur national du renseignement à l'Elysée. C'est René-Georges Querry, à l'époque directeur de la sécurité du groupe hôtelier, qui avait prévenu M. Mancini. Ces deux anciens policiers se connaissent.

M. Querry s'est dit dimanche auprès de l'AFP «totalement étranger à quelque opération que ce soit pour tenter de déstabiliser DSK» et a déclaré au Journal du Dimanche que «vouloir à partir de là broder une théorie du complot relève du fantasme absolu».