Présidentielle: Eva Joly s'en prend à François Hollande et irrite dans son parti

POLITIQUE La candidate d'Europe Ecologie - Les Verts n'a pas mâché ses mots mardi soir...

© 2011 AFP

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Aux abonnés absents depuis l'accord de son parti avec le PS, Eva Joly est de retour et se dit "plus décidée que jamais" à porter les couleurs d'EELV en 2012, attaquant une nouvelle fois François Hollande, au grand dam d'une partie de la direction irritée par ses propos.
Aux abonnés absents depuis l'accord de son parti avec le PS, Eva Joly est de retour et se dit "plus décidée que jamais" à porter les couleurs d'EELV en 2012, attaquant une nouvelle fois François Hollande, au grand dam d'une partie de la direction irritée par ses propos. — Joel Saget afp.com

Aux abonnés absents depuis l'accord de son parti avec le PS, Eva Joly est de retour et se dit «plus décidée que jamais» à porter les couleurs d'EELV en 2012, attaquant une nouvelle fois François Hollande, au grand dam d'une partie de la direction irritée par ses propos.

Son entretien accordé au Monde et sa présence au journal télévisé de 20h de France 2 ont sonné ce mardi la réapparition de la candidate dans l'arène médiatique après cinq jours de silence pour «prendre de la hauteur».

Dans le quotidien, l'eurodéputée EELV qui sera en Bourgogne jeudi avant de s'envoler pour La Réunion et Mayotte ce week-end, prend ses distances avec le compromis conclu dans la douleur avec le PS pour 2012. Un accord qui ne la «fait pas rêver», dit-elle, marqué par les désaccords actés sur l'EPR, la sortie du nucléaire, le dossier de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes ou encore la question des déficits.

«Des marionnettes»

Très combattive, l'ex-juge qui prône une République exemplaire, va jusqu'à accuser les socialistes «d'être du bois dont on fait les marionnettes», se disant «scandalisée de l'intervention d'Areva dans les discussions avec le PS». La candidate de la sortie du nucléaire (3-6% dans les sondages) dit d'ailleurs n'être «pas entrée en politique pour accepter les moeurs de ce petit monde, mais pour les changer».

«La vérité, c'est que les amis de François Hollande se sont révélés archaïques face à la modernité de notre projet», critique-t-elle, satisfaite de ne pas s'être mêlée à la «tambouille politicienne». Et d'enchaîner: «Cécile (Duflot) est une négociatrice aguerrie», «moi je défends une politique de civilisation».

A la direction d'EELV, «tout le monde est énervé», «elle n'a pas un mot pour positiver» l'accord qui a été voté à 74% par le Conseil fédéral, dit à l'AFP un haut responsable «très inquiet».

«Elle dit en gros: à elle les valeurs, aux autres la tambouille», fustige une autre personnalité d'EELV, déplorant qu'Eva Joly cède à «une espèce de dérive solitaire, investie d'une mission de pureté» et qu'au lieu de faire de ce partenariat «un tremplin», «elle reste sur le bord du chemin en se bouchant le nez».

D'autres minimisent: «Eva est dans son rôle de candidate» en affirmant sa différence, assure Stéphane Sitbon-Gomez, son codirecteur de campagne. «Nous ferons vivre nos différences au côté et avec la voix d'Eva Joly», «tout le parti est derrière» elle, affirmait samedi Cécile Duflot.

Indispensable pour «battre la droite»

Sur France 2 en fin de journal, Eva Joly a reconnu du bout des lèvres que l'accord avec le PS était «indispensable pour un petit parti» comme EELV et aussi pour «battre la droite».

Mais de fait, la stratégie des écologistes apparaît des plus confuses. Jean-Marc Ayrault (PS) s'est demandé mardi si Eva Joly souhaitait «vraiment la victoire de la gauche en 2012», Pierre Moscovici l'appelant à «respecter» le PS et cet «accord positif».

«On arrive à faire comprendre aux socialistes qu'Eva est toute seule», expliquait mardi un cadre, appréciant peu ses attaques frontales alors qu'EELV a obtenu du PS l'assurance d'un groupe parlementaire en 2012 à l'Assemblée.

Quant à la question d'un retrait pour éviter un nouveau 21 avril si Marine Le Pen est trop haut, elle pourrait se reposer cet hiver, dit-on.

Loin de ce tumulte, Nicolas Hulot a retrouvé mardi la présidence de sa Fondation pour la Nature de l'Homme qu'il avait quittée en avril pour se lancer dans la primaire EELV, battu à la surprise générale par la combattante Eva Joly. Soumis à une certaine réserve, il se dit désormais seulement «complémentaire» d'EELV.