Affaire Karachi: Takieddine pilonne les chiraquiens et réclame un élargissement de l'enquête

ENQUÊTE l accuse notamment Dominique de Villepin d'avoir «menti»...

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L'intermédiaire en armement Ziad Takieddine réclame un élargissement de l'enquête sur le volet financier de l'affaire Karachi à l'après 1995, mettant en cause des proches de Jacques Chirac et Dominique de Villepin, dans une interview à l'AFP
L'intermédiaire en armement Ziad Takieddine réclame un élargissement de l'enquête sur le volet financier de l'affaire Karachi à l'après 1995, mettant en cause des proches de Jacques Chirac et Dominique de Villepin, dans une interview à l'AFP — Miguel Medina afp.com

L'intermédiaire en armement Ziad Takieddine réclame un élargissement de l'enquête sur le volet financier de l'affaire Karachi à l'après 1995, mettant en cause des proches de Jacques Chirac et Dominique de Villepin, dans une interview à l'AFP.

Les commissions, versées en marge des contrats d'armement avec le Pakistan et l'Arabie Saoudite, «n'ont pas été arrêtées» par Jacques Chirac après son élection, a-t-il dit. Il accuse l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, qui assure le contraire, d'avoir «menti».

«J'ai gagné beaucoup d'argent grâce à mes relations»

Ziad Takieddine est soupçonné par la justice d'avoir joué un rôle clé comme intermédiaire dans les contrats d'armement en 1994 avec le Pakistan pour les sous-marins Agosta. Mis en examen pour complicité et recel d'abus de biens sociaux dans cette affaire, il s'est de nouveau défendu d'avoir joué un rôle dans le contrat Agosta. «Je n'ai rien à voir» avec le dossier Agosta, a-t-il répété.

Concernant le contrat Sawari II conclu avec les Saoudiens, Ziad Takieddine affirme ne pas en connaître la teneur mais admet avoir joué un rôle pour faciliter sa conclusion en 1994 dans un contexte de relations difficiles entre l'Arabie saoudite et la France. «J'ai gagné beaucoup d'argent grâce à mes relations. J'ai touché tous mes honoraires d'Arabie Saoudite, pas de la France», explique-t-il.

Ziad Takieddine affirme avoir ensuite été écarté et remplacé par d'autres intermédiaires, après l'élection de Jacques Chirac en 1995. Selon lui, les contrats Rabor et Estar de versement des commissions sur Sawari II ont été détruits le 10 mars 1997 pour être remplacés par des paiements «à d'autres destinataires» sans l'accord de l'Arabie Saoudite. «On a trouvé 85 millions de francs pour Parinvest et plus de 1,3 milliard de francs à Issham», dit-il.

«D'autres exécutants» pour le Pakistan

Pour Ziad Takieddine, derrière les sociétés étrangères Parinvest et Issham se trouve «vraisemblablement» le groupe Bughshan du Saoudien Khaled Bughshan. Or le dirigeant de ces sociétés, Wahib Nacer, «est connu à Genève pour sa proximité avec l'homme d'affaires français Alexandre Djouhri», écrit-il dans un document remis à la justice. Alexandre Djouhri menace d'attaquer Ziad Takieddine à ce propos.

Selon Ziad Takieddine, un mécanisme similaire a été mis en place pour le contrat Agosta. «Même si je n'ai rien à faire, les choses sont arrivées de la même manière» pour le Pakistan «avec l'arrivée d'autres exécutants», dit-il à l'AFP.

Michel Mazens, directeur de la société de commercialisation d'armement Sofresa en 1995, a démenti tout détournement des commissions sur Sawari II, affirmant que les sommes versées au groupe Bughshan l'ont été pour «des travaux de maintenance sur place» et concernant Issham, pour l'apurement de commissions avant leur interdiction en 2000, selon des déclarations à Mediapart et au Monde.

En complément de ses affirmations, Ziad Takieddine a adressé mercredi un courrier au parquet de Paris l'exhortant à autoriser les juges chargés de l'enquête sur le volet financier de l'affaire Karachi, Roger Le Loire et Renaud van Ruymbeke, à étendre leurs investigations à une éventuelle corruption sur les contrats d'armement après 1995 sous la présidence de Jacques Chirac.

Dans sa note aux juges, Ziad Takieddine affirme par ailleurs que l'affaire Karachi «sert de révélateur à un système de corruption étendu en France» et «impliquant des hommes politiques de premier plan».