Hollande et Moscovici fustigent l'interview Sarkozy/Obama

B.D.

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Le PS réagit à l'interview croisée entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama, diffusée vendredi soir sur TF1 et France 2. François Hollande a ainsi jugé sur France Inter qu'il s'agissait là d'«un catalogue de bonnes intentions».

«Ce qu'a révélé cette émission au-delà de la communication, c'est de bonnes intentions - ça a été même un catalogue -, mais peu de traductions concrètes. Ne serait ce que sur le seul cas de la taxe sur les transactions financières, qui a été présentée comme un objectif commun, (...) il n'y a ni engagement précis, ni calendrier, ni même instrument qui pourrait être appliqué de la même façon aux Etats-Unis et en Europe», a déploré le candidat socialiste à la présidentielle.

«Moi je ne me plains jamais qu'il puisse y avoir le rappel de notre amitié entre la France et les Etats-Unis», a poursuivi le député de Corrèze, «je partage un certain nombre d'intentions, mais je constate simplement que le G20, - et finalement les deux chefs d'Etat qui venaient en faire le compte rendu ne pouvaient pas dire autre chose -, n'a en définitive rien changé à la condition de vie ni des Américains ni des Européens».

Pierre Moscovici critique cette «opération de communication»

De son côté, Pierre Moscovici, a dénoncé sur France Info «une opération de communication» du président français. «C'était une opération de communication menée sur les deux chaînes», et pour Nicolas Sarkozy «la deuxième en deux semaines», a souligné le député PS du Doubs.

«Moi je me réjouis qu'on célèbre l'amitié franco-américaine, en même temps l'aspect électoraliste de la démarche, l'intérêt pour le président de la République, n'aura échappé à personne», a-t-il ajouté. «Et surtout, ces propos très généraux ne peuvent masquer qu'on sort d'un G20 qui a été un échec sur à peu près tous les plans», a encore dit celui qui pourrait être le directeur de la campagne présidentielle de François Hollande.

«On aurait voulu que des avancées se fassent sur la régulation financière il n'y en a pas. Il était prévu de débattre de la croissance, on n'en a pas parlé. Les Chinois ont fait de très vagues concessions sur la flexibilité de leur monnaie, le yuan, mais ils sont resté spectateurs, c'est normal on s'est mis complètement entre leurs mains», a-t-il notamment détaillé.