Plan d'austérité: Le gouvernement dévoile ses dernières mesures lundi midi

ECONOMIE Elles seront présentées lundi midi par le Premier ministre...

© 2011 AFP

— 

D'ultimes consultations se poursuivaient dimanche autour d'un nouveau plan d'austérité, avant sa présentation lundi par François Fillon qui pourrait annoncer, entre autres mesures, une hausse ciblée de la TVA, la seconde "journée de solidarité" ayant en revanche du plomb dans l'aile.
D'ultimes consultations se poursuivaient dimanche autour d'un nouveau plan d'austérité, avant sa présentation lundi par François Fillon qui pourrait annoncer, entre autres mesures, une hausse ciblée de la TVA, la seconde "journée de solidarité" ayant en revanche du plomb dans l'aile. — Francois Guillot afp.com

Dernière info dimanche 18h12: Le Premier ministre, François Fillon, présentera lundi à 12h00 les nouvelles mesures d'économies destinées à contenir le déficit public de la France, annoncent dimanche ses services.

Préserver «à tout prix» le «triple A» de la France. Sitôt la page du G20 tournée, Elysée et gouvernement se sont remis à la tâche afin de boucler d'ici à lundi un nouveau plan anti-déficit pour l'un des budgets les 1plus rigoureux» depuis 1945, selon François Fillon.

Le détail des mesures sera vraisemblablement dévoilé lundi par le chef du gouvernement après un conseil des ministres exceptionnellement reporté à cette date en raison du sommet du G20.

Poids lourds

Mais François Fillon a déjà prévenu que le budget 2012 sera ainsi l'un des «plus rigoureux que la France ait connu depuis 1945».

Dès samedi, le président Nicolas Sarkozy a réuni autour de lui, outre François Fillon, pas moins de quatre poids lourds du gouvernement, François Baroin (Economie), Valérie Pécresse (Budget), Xavier Bertrand (Travail) et Roselyne Bachelot (Solidarités).

Une seconde «Journée de solidarité»

Ces deux derniers étaient vraisemblablement conviés à cette première réunion d'abitrage pour plancher sur ce qui pourrait devenir l'une des mesures phare de ce nouveau plan d'austérité : une seconde «Journée de solidarité».

La première du genre, lancée un an après la canicule de 2003, consiste en un jour de travail, en principe non rémunéré, dont les fruits vont au financement de la prise en charge des personnes âgées et handicapées. Initialement fixée au lundi de Pentecôte, cette journée a rapporté 2,4 milliards d'euros en 2010.

Quoi qu'il en soit, l'équation budgétaire se pose en de nouveaux termes depuis que Nicolas Sarkozy a lui-même annoncé le 27 octobre une révision brutale de la prévision de croissance pour 2012, ramenée de 1,75% à 1%.

Synonyme de manque à gagner fiscal, cette révision contraint le gouvernement à rechercher 6 à 8 milliards d'euros pour contenir les déficits publics à 4,5% du PIB en 2012, comme il s'y est engagé auprès de ses partenaires européens.

«Triple A», «un trésor national»

La menace d'une dégradation de la note française plane au-dessus de tout ceci. L'agence de notation Moody's a prévenu qu'elle dira dans les premiers jours de janvier si elle révise de «stable» à «négative» la perspective de la note française.

Le «triple A» avait été érigé en «trésor national» par Alain Minc, éminence grise de Nicolas Sarkozy. Il est «le résultat du travail des Français» et permet de financer à un coût «relativement faible» les 1.700 milliards de dette publique française, a encore souligné samedi François Fillon.

TVA à 7%?

Le précédent plan de rigueur, annoncé fin août, atteignait 12 milliards d'euros, dont 11 milliards de recettes fiscales supplémentaires. Celui-ci pourrait mettre l'accent sur les dépenses publiques. «Il faut que l'effort soit majoritairement dans des économies en dépenses, en tout cas, c'est mon souhait», a déclaré vendredi Valérie Pécresse.

Le taux réduit de TVA appliqué à la restauration, aux travaux de rénovation des logements ou aux divers emplois à domicile pourrait cependant être relevé de 5,5% à 7%, au grand dam de ses bénéficiaires.

Alain Juppé, l'un des ministres les plus écoutés du président, y semble favorable. Il a appelé à sortir «un peu des idées toutes faites" selon lesquelles il s'agirait d'un «mauvais impôt» mais la question serait toutefois âprement discutée à l'approche de la présidentielle.

En 2012, «l'heure de vérité sonnera»

François Hollande a ironisé sur le projet d'un relèvement de la TVA. «Il y a quelques jours à peine, Sarkozy disait que la TVA était un impôt injuste», a noté le candidat du PS à la présidentielle qui verrait dans cette mesure «la preuve de l'inconstance, de l'incohérence de la politique qui est menée depuis 2007».

Pour sa part, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche, a averti: «cette politique conduit à un affrontement avec le peuple et à l'affrontement des peuples entre eux». En 2012, «l'heure de vérité sonnera», et «c'est alors au peuple qu'il reviendra de choisir», a-t-il expliqué.

Autre piste fiscale envisagée : une surtaxe exceptionnelle sur l'impôt des sociétés, visant les grands groupes.