Nicolas Sarkozy sur la crise: «Numéro de bonimenteur» pour la gauche, «homme de devoir et d'expérience» pour la droite

POLITIQUE Toutes les réactions à l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, jeudi...

A.-L.B. avec Reuters

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L'émission consacrée à la crise avec Nicolas Sarkozy diffusée simultanément sur TF1 et France 2 jeudi soir a été regardée par 11,9 millions de téléspectateurs
L'émission consacrée à la crise avec Nicolas Sarkozy diffusée simultanément sur TF1 et France 2 jeudi soir a été regardée par 11,9 millions de téléspectateurs — Thomas Coex afp.com

Ils y vont tous de leur petite phrase. L’intervention télévisée du Président Nicolas Sarkozy, jeudi soir, pour expliquer aux Français la crise de la zone euro et ses conséquences, a provoqué de nombreuses réactions politiques.

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Gouvernement

Dans un communiqué, le Premier ministre, François Fillon, a indiqué que «ce soir, nos concitoyens ont pu mesurer la gravité des responsabilités qui distingue la fonction du président de la République. Loin du brouhaha des oppositions et des joutes partisanes, Nicolas Sarkozy a invité nos concitoyens à affronter ensemble les réalités d'un monde difficile qui a changé et bousculé les conditions de la prospérité européenne.» «Face à une crise financière brutale et destructrice, le chef de l'Etat a démontré combien sa détermination et son expérience constituaient un atout pour protéger la France et relancer l'Europe.»

François Baroin, ministre de l'Économie, a déclaré ce vendredi matin sur BFMTV que «le Président de la République nous a donné une feuille de route, au Premier Ministre, Valérie Pécresse et moi-même, pour dans les 10 jours proposer des mesures qui correspondent au fond, à la perspective d’activité économique l’année prochaine en fonction du ralentissement mondial (…). L’idée c’est d’avoir des mesures qui répondent à ce qui est souhaitable, c'est-à-dire soutien à la compétitivité économique». 

Claude Guéant, ministre de l'intérieur, a estimé ce vendredi sur Europe 1 que Nicolas Sarkozy s'était montré «lucide» sur la question du chômage.

Toujours au gouvernement, Nadine Morano, ministre de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle, a déclaré sur LCI que Nicolas Sarkozy «assume totalement sa fonction de président de la république en faisant fi de son image ou des sondages, c'est le devoir avant tout». «C'est un homme d'expérience solide qui doit emmener la France là où elle doit aller, c'est-à-dire vers la réduction de ses déficits publics.»

Satisfecit également pour Nora Berra, secrétaire d’Etat chargée de la Santé, qui indique dans un communiqué que «ce soir, le Président de la République a rendu compte aux Français de la situation de l’Europe et de la crise».

 


Opposition PS

Jean-Marc Ayrault, patron des députés PS à l’Assemblée nationale, a jugé qu’«une nouvelle fois, Nicolas Sarkozy nous a ressorti sa panoplie usée de Superman, sauveur de la France, de l’Europe et du monde». «Voilà quatre ans que les Français ont droit à ce numéro de bonimenteur, mais aujourd’hui il ne marche plus», a-t-il ajouté.

 

Dans un communiqué, le député PS de Paris Jean-Marie Le Guen écrit qu’«après des mois d'esquives, Nicolas Sarkozy revient dans une émission ennuyeuse, préparée sur mesure, pour se livrer à des polémiques anti-socialistes qui lui tiennent lieu d'explication, oubliant qu'il est au pouvoir depuis près de dix ans». «A la suite d'un sommet aux résultats fragiles et déséquilibrés, il ne s'est pas livré à l'exercice de vérité que les Français attendaient.»

Le député PS de l’Indre Michel Sapin a quant à lui expliqué que «les déficits d'aujourd'hui, ce n'est pas le résultat de trente années de laxisme, c'est le résultat d'une politique qui a été menée ces cinq dernières années, et cela il ne veut pas le regarder en face».

Communistes

Le sénateur communiste Roland Muzeau s’est fendu d’un communiqué, indiquant que «ce soir, le président de la République, a joué au marchand de sable. Le numéro auquel il s'est livré, avait pour seul objectif de tenter d'endormir les Françaises et les Français afin de mieux leur faire avaler les effets désastreux d'une crise qui résulte directement de la soumission de l'Europe et de la France au diktat des marchés.»

Front national

Le vice-président du Front national, Louis Aliot, a déclaré sur LCI que le sommet de Bruxelles «est une rustine qui ne règle rien et ne laisse entrevoir rien de bon pour l'avenir». «Le chef de l'Etat nous dit 'rien n'est réglé', c'est assez angoissant pour l'avenir», a-t-il ajouté.

Parti Chrétien-Démocrate

Christine Boutin, la candidate à la présidentielle du Parti chrétien-démocrate (PCD), a jugé ce vendredi sur LCI que même si Nicolas Sarkozy s'est montré la veille très «pédagogue», on était «resté une peu sur sa faim».

Syndicats

Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière, a noté dans un communiqué qu’«autant les décisions prises la nuit dernière à Bruxelles agissent à court terme sans pour autant résoudre la crise, autant il est inadmissible d'attribuer la situation française aux retraites et aux fonctionnaires». «De 58,8 % en 2002, la dette publique est prévue à 78,1 % en 2010!»

«L'austérité en vigueur et qui risque de s'accroître ne pourra que fragiliser la croissance économique et l'emploi (…) Pour Force ouvrière, une autre politique économique est indispensable au plan national, européen et international. C'est aussi ce que défendra FO à l'occasion du G20», a-t-il précisé.