Accord de Bruxelles: Sapin (PS) inquiet qu'on fasse "la quête" en Chine

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Le député PS Michel Sapin s'est inquiété jeudi que la zone euro aille "faire la quête" en Chine, et se mette vis-à-vis de ce pays en "situation de faiblesse", dans le cadre de l'accord de sauvetage de la monnaie commune intervenu dans la nuit à Bruxelles.
Le député PS Michel Sapin s'est inquiété jeudi que la zone euro aille "faire la quête" en Chine, et se mette vis-à-vis de ce pays en "situation de faiblesse", dans le cadre de l'accord de sauvetage de la monnaie commune intervenu dans la nuit à Bruxelles. — Jacques Demarthon afp.com

Le député PS Michel Sapin s'est inquiété jeudi que la zone euro aille "faire la quête" en Chine, et se mette vis-à-vis de ce pays en "situation de faiblesse", dans le cadre de l'accord de sauvetage de la monnaie commune intervenu dans la nuit à Bruxelles.

Sur RMC/BFMTV, l'ancien ministre des Finances, proche du candidat PS à l'Elysée François Hollande, a souligné un des points de cet accord, les fonds spéciaux destinés aux investisseurs extérieurs, dont la Chine, créés pour renforcer la puissance d'intervention du Fonds européen de stabilité financière.

Au lieu de faire "des emprunts européens" ou "appel à la Banque centrale européenne", ou encore lancer des eurobligations, "on va aller regarder vers d'autres grands pays, comme la Chine", "on va aller faire la quête", a déploré le député de l'Indre.

"Et vous pensez que la Chine va, sans aucune contrepartie, apporter son soutien à l'Europe ? Vous pensez que l'état d'esprit chinois, c'est d'être au service du monde?", a demandé M. Sapin.

Il a prédit des "contreparties" que demandera Pékin comme "ne me demandez pas trop sur la valeur de ma monnaie, les justes équilibres commerciaux" ou "en matière environnementale".

"C'est donc se mettre en situation de faiblesse par rapport à un pays vis-à-vis duquel il aurait fallu être en situation de force", selon lui.

"Cet aspect-là de l'accord, il n'est pas sans conséquence pour l'avenir", a averti M. Sapin.

Pour le reste, il y a eu à ses yeux à Bruxelles un "accord correct sur la Grèce" même s'il est "tardif", et le reste est "en pointillé", "inachevé".

Il a insisté à cet égard sur la mise à contribution des banques, qui "reste à négocier dans les modalités". "C'est ce qui était le plus simple à obtenir et qui a été le plus lourd à obtenir", a-t-il dit, en estimant que cela prouvait "la dépendance actuelle des gouvernements par rapport" au système financier.