Législatives 2012 à Paris: Pourquoi l'UMP se déchire déjà?

DÉCRYPTAGE es membres de l'UMP se tirent dans les pattes à coups de petites phrases à propos des élections législatives de 2012 à Paris. «20 Minutes» tente de vous expliquer pourquoi…

Anne-Laëtitia Béraud

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François Fillon et Jean-François Copé saluent les militants UMP lors du Campus de Marseille le 4 août 2011
François Fillon et Jean-François Copé saluent les militants UMP lors du Campus de Marseille le 4 août 2011 — AFP PHOTO/GERARD JULIEN

Coups bas, petites phrases assassines: Depuis plusieurs mois, les membres de la fédération UMP de Paris se déchirent à propos des élections législatives de 2012. 20 Minutes fait le point…

Le contexte de la droite à Paris

Dans la capitale, la situation de la droite n’est pas brillante. Depuis le départ de Jacques Chirac de la mairie de Paris en 1995, la droite perd régulièrement du terrain face à la gauche lors d’élections. A huit mois du scrutin des élections législatives, les députés de Paris commencent à se poser des questions sur le renouvellement de leur mandat, alors que la cote de popularité de Nicolas Sarkozy est toujours historiquement basse.  Elément déclencheur de la dernière discorde de la droite parisienne: La dissidence de Pierre Charon, ami et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, qui a réussi son pari d’être élu en solo, au détriment de la liste «officielle» de Chantal Jouanno, aux sénatoriales.

La très convoitée deuxième circonscription

Deux ambitions, un siège: La deuxième circonscription de Paris, qui regroupe les 5e, 6e et 7e arrondissements, est l’objet de toutes les convoitises. Sociologiquement très huppé, elle est visée depuis plusieurs mois par Rachida Dati, maire du 7e arrondissement de la capitale. Mais le Premier ministre François Fillon, qui a décidé de quitter le département de la Sarthe - où il est élu depuis trente ans – vient désormais lui faire de la concurrence. Soutenu par Jean Tibéri, l’actuel maire du 5e arrondissement et député de cette fameuse circonscription de Paris.

Quelle est la tactique de Rachida Dati?

Depuis plusieurs mois, l’ancienne ministre clame qu’elle ne veut pas se laisser faire, s’estimant la plus légitime pour mener la liste du parti présidentiel.

Depuis que les intentions de François Fillon se sont clarifiées, le 12 octobre dernier, l’ancienne garde des Sceaux est montée d’un cran dans ses attaques, critiquant le parachutage du Premier ministre – alors qu’elle a elle-même bénéficié d’un parachutage à la mairie du 7e arrondissement. Selon Rachida Dati, François Fillon aurait mieux à faire ailleurs dans Paris, s’il avait «du courage»,.

Invitée de l'émission Radio France Politique dimanche, l’eurodéputée y va de l’argument massue contre le Premier ministre. Elle lui reproche de concourir dans une circonscription «imperdable» pour la droite, car il serait battu dans la Sarthe, mais aussi de délaisser les Français pour ne s'intéresser qu'à son sort personnel, ou encore faire des largesses aux élus parisiens.

Rachida Dati a également accusé François Fillon d’avoir fait recruter au ministère des Finances le fils de Jean Tibéri, Dominique, par ailleurs adjoint au maire du 5e arrondissement.

Et la réponse de François Fillon?

Le Premier ministre ne s’exprime pas directement sur la question. Mais il a annoncé qu'il va réunir, ce lundi soir, les présidents de groupes parlementaires pour discuter de la crise de l'euro. Une petite réunion où les attaques de Rachida Dati devraient être évoquées… Ce même lundi, le président de la fédération parisienne UMP, le député-maire du 15e arrondissement Philippe Goujon, a ouvert les hostilités en s’interrogeant publiquement: «On se demande si Rachida Dati est encore dans la majorité».

Mais que fait le patron de l’UMP, Jean-François Copé?

Face à la discorde, le secrétaire général de l’UMP a organisé lundi après-midi, au siège du parti, des réunions pour recevoir les délégués de circonscription, la cinquantaine de conseillers de Paris, les huit maires d’arrondissement, dont Rachida Dati, et les parlementaires UMP de la capitale, rapporte le JDD.

Jean-François Copé a indiqué vouloir «d’abord écouter», puis prendre «un certain nombre de décisions de réorganisation pour rassembler, au regard des difficultés de la situation parisienne depuis une dizaine d'années», a-t-il expliqué à l'AFP.

Mais le statut de Jean-François Copé comme juge de paix est bien fragile. Sa rivalité avec François Fillon est de notoriété publique, notamment à propos de l’élection présidentielle de 2017. Interrogé sur la fragilité de son statut, Jean-François Copé a déclaré à l’AFP qu'il n'y avait «aucun lien» entre les deux situations.