La «chasse aux sources» au Sénat empoisonne le PS

POLITIQUE Jean-Pierre Bel doit-il retirer une plainte de son prédécesseur?

Alexandre Sulzer
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Jean-Pierre Bel, président du Sénat.
Jean-Pierre Bel, président du Sénat. — WITT / SIPA

Le nouveau président du Sénat embêté. Quelques jours après son élection et sa promesse de rendre l'institution plus transparente, le socialiste Jean-Pierre Bel est accusé par le site Internet Mediapart de se livrer à une «chasse aux sources». Explications.

Une plainte au cœur de l'été
En juillet dernier, les questeurs du Sénat portent plainte au nom du président Gérard Larcher (UMP) pour «vols de documents» et «abus de confiance» après une série de révélations de Mediapart sur le train de vie caché du Sénat (lire encadré). 

Des ordinateurs de fonctionnaires sont fouillés par la police et le président du syndicat des fonctionnaires est placé en garde à vue en août. Manuel Valls et Arnaud Montebourg se prononcent alors pour un retrait de la plainte, en chœur avec Martine Aubry, qui estime que celle-ci «illustre tristement les techniques d'intimidation hélas trop souvent pratiquées par la majorité présidentielle». Une atteinte, selon eux, à la loi de janvier 2010 sur la protection des sources des journalistes qui vient s'ajouter à l'affaire Bettencourt. 

Depuis, la gauche a remporté les élections et la présidence du Sénat. Mais Jean-Pierre Bel a refusé de s'exprimer sur un éventuel retrait de la plainte. Le 11 octobre dernier, neuf fonctionnaires ont même été mis en garde à vue à la Brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA). 

Officiellement, Jean-Pierre Bel n'a pas eu le temps de se pencher sur la question. Selon nos informations, il devrait s'exprimer rapidement. Mais désavouer l'institution laisserait des traces en interne dans une ambiance délétère. «Ceux qui travaillent le plus depuis son arrivée, témoigne un fonctionnaire, ce sont les broyeuses à papier.»

Révélations

Le site Mediapart a notamment révélé qu'une quarantaine de sénateurs touchaient chaque année 1,15 million d'euros de compléments d'indemnités sans que le public en soit informé et qu'un questeur PS a bénéficié de fausses notes de frais.