Christine Boutin accuse François Bayrou de détruire la démocratie chrétienne

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Christine Boutin a fustigé samedi le centriste François Bayrou, qualifié de destructeur de la démocratie chrétienne, de l'école et «adepte de la terre brûlée», lors de l'inauguration de son QG de campagne présidentielle, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Après avoir critiqué en quelques mots, lors de son discours, le PS et l'UMP --auquel son parti, le PCD (Parti chrétien-démocrate) est toujours associé--, Christine Boutin s'est attardée sur le «plus Parisien des Béarnais», sans nommer François Bayrou, avec qui elle était à l'UDF.

«(Il) se pare d'être un bâtisseur fiable. Il a surtout détruit. Il a détruit la démocratie chrétienne; il a détruit l'école, en l'abandonnant aux pédagogistes; il a renié les valeurs permanentes qui ont fait la France, en se pliant aux règles du politiquement correct, que ce soit sur les questions de société ou sur la définition à donner au mot laïcité», a déclaré la candidate à la présidentielle. «On nous présente un agrégé de lettres classiques qui conduit un tracteur, mais c'est un adepte de la terre brûlée qui détruit tout sur son passage: nos racines comme nos alliances», a-t-elle insisté, moins d'une semaine après le retrait de Jean-Louis Borloo dans la course à l'Elysée, qui a un peu plus dégagé l'horizon de François Bayrou.

«Pas du tout inquiète» pour obtenir ses 500 signatures

Accueillant une cinquantaine de sympathisants dans son QG de campagne, 400 m2 sur deux niveaux dans un atelier totalement rénové, en proche banlieue parisienne, Christine Boutin a multiplié les métaphores militaires, parlant plusieurs fois de «combat», de «sentinelles» ou de refus de la «débâcle annoncée». «La crise que nous connaissons aujourd'hui n'est pas une simple crise. J'en suis convaincue, nous sommes engagés dans une troisième guerre mondiale qui est certes particulière et de nature économique, mais elle n'en est pas moins violente», a-t-elle affirmé.

Interrogée sur la récolte des 500 parrainages d'élus pour être candidate à l'Elysée, Christine Boutin a assuré à l'AFP qu'elle n'était «pas du tout inquiète». «Elle dit ça parce que ce n'est pas elle qui s'en occupe», a précisé son responsable de la quête des parrainages, François Le Forestier, «mais il est vrai que nos délégations locales sont dans une bonne dynamique: nous avons 300 promesses». Déjà candidate à la présidentielle de 2002, Christine Boutin avait recueilli 1,19% des suffrages exprimés au premier tour, niveau auquel elle est située aujourd'hui dans les intentions de vote.