Primaires PS: les militants en première ligne

REPORTAGE A une semaine du scrutin, 20 Minutes a passé une matinée avec les militants socialistes du 18e arrondissement à Paris...

Matthieu Goar

— 

La candidate aux primaires socialistes Martine Aubry salue les militants à son arrivée à la Halle aux grains, à Toulouse, le 7 septembre 2011.
La candidate aux primaires socialistes Martine Aubry salue les militants à son arrivée à la Halle aux grains, à Toulouse, le 7 septembre 2011. — AFP PHOTO/ERIC CABANIS
Entre les odeurs de poulet grillé et les poussettes des couples trentenaires, une vingtaine de militants socialistes du 18e arrondissement a investi la rue du poteau. Bobos et vieux habitants de ce quartier de gauche (63,62% pour Royal en 2007) viennent à la pêche aux renseignements sur ce marché très fréquenté du dimanche matin. «Il vous reste des tracts d’Arnaud Montebourg?», s’enquiert Claude, militant Front de gauche qui ira voter dimanche prochain pour le président du Conseil général de Saône-et-Loire, «afin de peser sur la ligne du PS». «J’en ai ras le bol, on vient de me refuser un emploi car j’étais trop vieille, il faut que vous fassiez quelque chose», explique à un militant Marie-Isabelle, une quadragénaire intéressée par le concept de contrat de génération de François Hollande.

Promouvoir les primaires, faire campagne pour son poulain

A une semaine d’un vote où Solferino espère réunir plus d’un million de Français, la mobilisation semble prendre de l’ampleur. En première ligne, les militants et notamment les 450 adhérents de la section Jean-Baptiste Clément, une des trois du 18e arrondissement. «On a senti une réelle montée en puissance dès le lendemain du premier débat télévisé. Les gens venaient nous voir spontanément. Ils  voulaient savoir où aller voter, comment voter...», se souvient Didier Guillot, ancien secrétaire de section dans le 18e et aujourd’hui conseiller de Paris pro-Hollande. «Au final, les citoyens viennent se renseigner mais ne veulent surtout pas qu’on leur dise pour qui voter. Cela leur appartient», glisse Christophe Caresche, député de Paris, venu discuter avec les militants.

Des militants qui n’oublient pas leur poulain. Du coup, tous tractent pour promouvoir les primaires et chacun en profite pour glisser un petit document vantant les mérites de François Hollande ou Martine Aubry, les deux candidats qui polarisent cette section. Sans conflit. «Je ne veux pas m’engager pour les autres sections mais chez nous tout se passe bien. Aubrystes comme Hollandais, nous sommes venus tous ensemble ce matin. Dans notre journal de section, il y a autant de pages consacrés aux deux candidats. Ca s’est fait naturellement», détaille Jean-Philippe Daviaud, secrétaire de section. A quelques mètres, les partisans de Baylet sont présents, quelques militants du Front de gauche également. Pas ceux de Montebourg, Valls ou Royal, grands absents.

«En 2006, Royal était une personnalité très clivante»


Depuis 2006, Ségolène Royal, qui avait pourtant écrasé les primaires dans cette section (plus de 80%), a ici perdu de nombreuses troupes (en 2006, grâce à la cotisation à 20 euros, le nombre d'adhérents était passé de 450 à 1200, dont de nombreux partisans de Royal). Une donnée qui pourrait favoriser le rassemblement, selon Didier Guillot.  «En 2006, Royal était une personnalité très clivante. Les primaires s’étaient transformé en référendum pour ou contre elle. Et après sa désignation, certains Fabiusiens et Strauss-Kahniens ne voulaient même pas aller tracter pour elle, alors qu’il y a une grande polarité entre le vote Hollande et Aubry», pense l’ancien secrétaire de section, entre 1997 et 2008.

Forces vives du PS, les sections et leur 200.000 militants environ sont au cœur du dispositif des primaires. D’abord financièrement. Pour payer la distribution des tracts dans toutes les boîtes aux lettres du 18e, les 3 sections de l’arrondissement ont ainsi lâché 10.000 euros. Une dépense parmi tant d’autres (le nettoyage des bureaux de vote, l’indemnisation des gardiennes des écoles où auront lieu le scrutin, etc). Ensuite humainement avec ces tractages, ces soirées-débats et bien sûr la gestion des bureaux de vote, dimanche prochain. «Dans notre section, nous gérerons 6 bureaux de vote géré par 10 militants sans compter le président du bureau. J’espère que nous aurons au moins 3500 votants», prédit Jean-Philippe Daviaud.