Les «Mousquetaires» de l'UMP se retrouvent ce mercredi à dîner pour pérenniser leur attelage

POLITIQUE Luc Chatel accueille ce mercredi soir Jean-François Copé, François Baroin, Christian Jacob, Bruno Le Maire, et Valérie Pécresse à son ministère...

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Les six «Mousquetaires» de l'UMP, Jean-François Copé, Christian Jacob, Valérie Pécresse, Luc Chatel, Bruno Le Maire, et François Baroin.
 
Les six «Mousquetaires» de l'UMP, Jean-François Copé, Christian Jacob, Valérie Pécresse, Luc Chatel, Bruno Le Maire, et François Baroin.   — SIPA / 20 MINUTES

Les «Mousquetaires» de l'UMP, qui se retrouvent ce mercredi soir autour d'un dîner à six, veulent croire à la pérénnité de leur attelage, un pari improbable tant leurs ambitions personnelles pour l'après-Sarkozy risquent, dès 2012, de s'entrechoquer.

Cette bande des six, à l'ADN chiraquien, occupe aujourd'hui des postes-clef du pouvoir sarkozyste: les quatre «fondateurs» dirigent le parti (Jean-François Copé), Bercy (François Baroin), le groupe majoritaire à l'Assemblée (Christian Jacob, le plus âgé, à 51 ans) et l'Agriculture (Bruno Le Maire). Les ont rejoints récemment deux autres ministres, Valérie Pécresse (Budget et porte-parole du gouvernement), la seule femme, et Luc Chatel, qui accueille tout ce petit monde ce mercredi dans son ministère de l'Education.

La page de la bataille de la succession de Lagarde à Bercy tournée?

Le groupe a pourtant déjà bien failli voler en éclats en juin à la faveur de la bataille pour la succession de Christine Lagarde à Bercy, qui a viré au pugilat entre Bruno Le Maire et François Baroin, sorti victorieux. Mais aujourd'hui, promis juré, tout va pour le mieux. «Je ne suis pas un type du ressassement», dit Bruno Le Maire. «La page a été très vite tournée», renchérit François Baroin.

«Tout avait été fait en haut lieu pour qu'ils se battent et ils sont tombés dans le panneau», raconte Jean-François Copé. «Christian et moi, on a ramé pour recoller les morceaux. On s'est réunis (le 6 juillet), on a débriefé, on a tout mis sur la table, à six. Le Maire a reconnu qu'il avait été maladroit» en moquant le trop faible niveau d'anglais de François Baroin pour Bercy.

Dans ce «G6», un seul, Christian Jacob, n'a pas d'ambition élyséenne. Jean-François Copé a clairement fait de 2017 sa ligne d'horizon et les autres, François Baroin et Valérie Pécresse notamment, ne laisseront pas passer leur chance. «Il n'est pas écrit que les ambitions des uns et des autres doivent se traduire par des fractures. Je fais le pari qu'on arrivera à rester tous ensemble», assure Jean-François Copé.

Une vraie «complicité»

En privé, certains sont dubitatifs. «Ca peut tenir jusqu'en 2012 mais pas au-delà. Et encore... L'après-Sarkozy risque de commencer plus tôt que prévu» avec la perte historique du Sénat, selon l'un. Et certains membres du groupe s'agacent, estimant que Jean-François Copé les tient en simples vassaux.

Pour autant, Valérie Pécresse se dit «persuadée» que le groupe des «Mousquetaires», grâce à une vraie «complicité», survivra à 2012. «Si on perd, il y aura besoin de reconstruire la droite et si on gagne, il y aura de la place pour tout le monde». «On est très liés. On n'a aucun cadavre dans aucun placard, ce qui est rarissime», affirme François Baroin. Sourire d'un ses collègues du gouvernement: «Ce sont de vrais fauves qui veulent faire croire qu'ils sont des bisounours!»

«C'est pas très soudé comme groupe. C'est du millefeuille d'ambitions, sans complémentarité d'idées. Il n'y a rien, c'est juste de l'addition d'egos», assène un jeune ministre. «Ils convoitent tous la même chose: l'Elysée!», renchérit une autre.

«Avec Jean-François, on est sur la même ligne de départ» pour 2017, affirmait d'ailleurs François Baroin, avant même de revenir au gouvernement. Patrick Bloche (PS) se souvient que, «dès 2004, Pécresse pensait pouvoir être un jour la première femme présidente de la République». La ministre du Budget reconnaît aujourd'hui que «le temps viendra où on choisira le meilleur» de cette bande «pour nous représenter» en 2017. Mais, prévient Jean-François Copé, la présidentielle, «c'est une chose d'y penser, c'est autre chose de se construire».