Sénatoriales: A l'Assemblée nationale, les députés de la majorité prônent tant bien que mal le rassemblement

REPORTAGE Au surlendemain de la victoire de la gauche aux élections sénatoriales, les députés UMP assurent que leur camp est uni derrière Nicolas Sarkozy. Mais des voix s'élèvent...

Enora Ollivier

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A l'Assemblée, des députés ont cependant fait observer que certaines remises en cause par le gouvernement pouvait rapporter des recettes à l'Etat (par exemple, un nouveau mode de calcul de la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises).
A l'Assemblée, des députés ont cependant fait observer que certaines remises en cause par le gouvernement pouvait rapporter des recettes à l'Etat (par exemple, un nouveau mode de calcul de la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises). — Joel Saget AFP/Archives

«Sous la Ve République, le président de la République a toujours la main!» lance un Hervé Novelli un brin goguenard. A l’Assemblée nationale ce mardi, les députés de la majorité n’avaient qu’un message à faire passer: tout va très bien à l’UMP. Deux jours après la défaite historique de la droite aux sénatoriales, «on a le moral», assure le député des Alpes Maritimes Eric Ciotti.

«Nicolas Sarkozy rassemble son camp», estime-t-il. «Il met en œuvre des réformes, ce qui le rend forcément impopulaire, mais ces réformes sont obligatoires». Le Président «prend des mesures, quand la gauche joue la douce musique de la démagogie», renchérit Bernard Debré. «N’oublions pas qu’il y a une crise, ces mesures sont nécessaires».

«Un manque de considération de l’électorat rural»

Et Eric Ciotti de minimiser l’impact de la victoire de l’opposition: «Il suffit d’appliquer les règles constitutionnelles pour constater que nous gardons la gouvernance. L’Assemblée nationale aura toujours le dernier mot». Seulement, concède-t-il, «nous avons désormais un souci, celui de remettre de la discipline dans nos rangs». La veille, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé avait déjà pointé dans la majorité «une tendance à la division qui est suicidaire». C’est dire si l’objectif du rassemblement semble ardu, à moins de huit mois de l’élection présidentielle.

D’autant que des voix discordantes montent. «Il y a eu une cécité, un manque de considération de l’électorat rural», s’emporte Pierre Morel à L’Huissier. Président du mouvement la Droite rurale - qui rassemble 57 députés - le parlementaire UMP du Bas-Rhin rappelle que les territoires ruraux «constituent un foyer de 11 millions d’électeurs. Ca peut faire pencher la balance en 2012!» Si Nicolas Sarkozy peut encore selon lui «corriger le tir», il doit absolument «s’exprimer sur les thématiques rurales» pour renverser les mois prochains la tendance imprimée lors des sénatoriales.

Plus tôt ce mardi, le mouvement de la Droite populaire a de son côté fait entendre sa voix en publiant des propositions – parfois musclées – pour 2012, et annoncé que le collectif allait s’ouvrir aux citoyens, notamment pour organiser des forums de discussion. «Chacun est libre d’enrichir le débat», tempère Eric Ciotti. Mais au moment où la majorité tente de resserrer les rangs, la démarche «ne va pas forcément dans le bon sens», reconnaît un autre député UMP à l’Assemblée. Lionnel Luca, cofondateur de la Droite populaire, nie quant à lui toute velléité de division, et assure que l’initiative vise à insuffler des idées nouvelles à la majorité. «Ca ne gêne personne à l’UMP», affirme-t-il. «Et quand bien même ça les gênerait, je ne vois pas pourquoi nous devrions être ostracisés».