Présidentielle: Ségolène Royal fermerait la centrale de Flamanville si elle était présidente

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Ségolène Royal, candidate à la primaire PS, a annoncé vendredi qu'elle fermerait la centrale nucléaire de Flamanville si elle était élue présidente en 2012, pour la reconvertir en site de recherche sur les techniques de démantèlement et les énergies renouvelables.

«Si je suis élue, j'arrête Flamanville. Les autres ne sont pas aussi clairs que moi», a affirmé Mme Royal à Libération, dont elle sera samedi la rédactrice en chef d'un jour, a rapporté un journaliste du quotidien sur son compte Twitter. Ces propos ont été confirmés à l'AFP par son entourage.

Ségolène Royal «fonde sa décision sur plusieurs rapports de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui soulignent des problèmes de sécurité très importants» dans cette centrale et «le gouffre financier que cela représente», a indiqué Dominique Bertinotti, sa directrice de campagne pour la primaire.

Son porte-parole Guillaume Garot a précisé à l'AFP que l'objectif était de «reconvertir le site, ses ingénieurs et ses techniciens dans la recherche sur le développement des énergies renouvelables et les technologies de démantèlement des infrastructures nucléaires».

Réactions des autres candidats

Flamanville deviendrait ainsi un site de recherche «pour réussir la sortie du nucléaire en 40 ans» comme le prévoit Ségolène Royal dans son programme, précisant qu'elle avait consulté de nombreux spécialistes et experts avant d'annoncer cette mesure.

Le député-maire de Laval a rappelé qu'en février 2007, l'ex-candidate à la l'Elysée s'était prononcée contre le lancement du chantier de l'EPR à Flamanville.

Dans un communiqué, l'organisation écologiste Greenpeace «salue la proposition de Ségolène Royal, première des candidats socialistes à proposer l'arrêt du chantier du réacteur EPR, dont le coût minimum est déjà évalué à 6 milliards d'euros au lieu de 3,3 annoncés à l'origine».

Greenpeace, qui classe depuis la fin août les candidats en fonction de leurs propositions en matière énergétique, rappelle que Martine Aubry, autre candidate socialiste, «défend une sortie du nucléaire en 20 à 30 ans, mais refuse de se positionner clairement sur les suites du chantier de l'EPR de Flamanville», alors que les «autres candidats socialistes défendent pour l'heure la poursuite de ce chantier, notamment François Hollande».

«L'EPR de Flamanville doit être un marqueur de la volonté affichée par l'ensemble des candidats socialistes d'enclencher une transition énergétique complète et efficace», affirme dans ce communiqué Karine Gavand, chargée des questions politiques pour Greenpeace France.