Nucléaire: Besson accuse Joly de «mensonge» ou de «faute professionnelle»

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Le ministre de l'Energie Eric Besson a accusé ce lundi la candidate écologiste à la présidentielle Eva Joly de soit «mentir», soit de commettre une «faute professionnelle insensée» en affirmant que les énergies renouvelables suffiront à remplacer le nucléaire français.

«Eva Joly soit ment, soit se trompe tellement lourdement que c'est une faute professionnelle insensée, quand elle affirme régulièrement que l'on peut remplacer le parc nucléaire existant par des parcs d'éoliennes», a déclaré l'ancien socialiste dans un entretien à l'AFP.

«Je ne sais pas quelle est la part de mensonge et quelle est la part d'incompétence, mais là c'est grave. On ne peut pas dire ça», a-t-il dit en marge de la réunion annuelle de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA), la première depuis la catastrophe de Fukushima, qui débute ce lundi à Vienne (Autriche).

Il est «impossible» de décider de sortir du nucléaire en France aujourd'hui sans installer des centrales thermiques, à gaz, fioul ou charbon qui émettent d'importantes quantités de gaz à effet de serre, a fait valoir M. Besson, appelant à un débat «honnête».

Eva Joly a dénoncé «l'intoxication mentale» sur le nucléaire en France

Eva Joly, dénonçant «l'intoxication mentale» sur le nucléaire en France, a assuré à plusieurs reprises qu'«on peut» en sortir «en 20-25 ans» avec «le niveau d'efficacité énergétique des énergies renouvelables tel qu'on le connaît aujourd'hui».

L'avenir du nucléaire en France post-Fukushima a pris une importante place dans les premiers débats en vue de l'élection présidentielle de 2012, notamment lors des primaires du Parti socialiste.

L'an passé, l'énergie nucléaire a représenté 74,1% des quelques 550.000 gigawattheures d'électricité produits en France, devant l'hydraulique (12,2%), le thermique (10,9%), le renouvelable ne représentant qu'une très petite portion (2,8%), selon le transporteur d'électricité RTE.

L'objectif actuel de la France est d'atteindre 20% de renouvelable d'ici 2020. Eric Besson a nommé début septembre une commission destinée à réfléchir aux différents scénarios pour l'énergie française, y compris pour la première fois celle d'une sortie du nucléaire.